Les Molex à Lisle

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Le 30 octobre avait lieu à Lisle (banlieue de Chicago) l’assemblée générale des actionnaires de Molex. Avec le soutien de l’AFL-CIO, la centrale syndicale américaine, mais aussi de plusieurs fédérations USW (sidérurgie), IAM (métallurgie), UE (électronique), Teamsters (transports), Workers United (habillement), des associations Jobs with Justice, USLEAP, une délégation des salariés de Molex, avec Guy Pavan, délégué du syndicat CGT, et Denis Parise, secrétaire du syndicat et du CE, s’est rendue à Chicago pour y participer.

 

Le 29 octobre, à leur arrivée à l’aéroport de Chicago, les membres de la délégation ont été retenus par la police des frontières qui les a interrogés sur leurs actions dans le conflit Molex, avec à l’appui de ces interrogatoires des photos largement diffusées dans la presse française. Après plus de quatre heures d’attente et d’interrogatoire, ils ont finalement été relâchés, après intervention des syndicalistes de Chicago auprès de membres du Congrès américain.

 

Le 30 octobre, arrivée à Lisle, proche du siège de Molex, la délégation des Molex rencontre sous une pluie battante les organisations qui soutiennent leur lutte et les quelques quatre vingt syndicalistes présents avec des pancartes réclamant « Justice pour les travailleurs de Molex ». La police locale patrouille avec plusieurs voitures autour du rassemblement et fait respecter la propriété privée : les syndicalistes manifestent sur le bas côté de la route, un mètre pas plus sinon on risque l’arrestation, et on marche en rond, sinon on risque aussi l’arrestation…. Les Teamsters, venus avec leur camion, pour exprimer leur solidarité se voient signifier l’interdiction de se garer, alors ils tournent autour du pâté de maisons, ce qui attire l’attention des automobilistes qui passent par là et , pour certains, klaxonnent en signe de solidarité.

Guy Pavan s’adresse alors aux syndicalistes américains pour dénoncer l’injustice qui est faite aux Molex de Villemur et annoncer ce que la délégation entend dire aux actionnaires.

 

Ensuite, la délégation française et un représentant de l’AFL-CIO, accompagnés par les manifestants, se rendent au lieu de l’Assemblée Générale. Ils sont accueillis par des gardes de sécurité de Molex qui leur signifient qu’ils ne sont pas autorisés par Molex à y participer, bien qu’ils aient des mandats en bonne et due forme. Ensuite, la police locale prend le relais et leur signifie qu’ils ont deux minutes pour quitter le territoire Molex, sinon arrestation… Le représentant de l’AFL CIO, lui aussi dûment et régulièrement mandaté pour assister à l’Assemblée Générale des actionnaires, est aussi refoulé.

 

La délégation CGT, de retour auprès des manifestants solidaires, leur transmet les deux questions qu’elle avait l’intention de poser aux dirigeants de Molex :
- 1 « le groupe Molex a une Charte d’Ethique qui l’engage au respect des lois dans les pays où il est implanté. Il semble qu’il n’ait pas respecté ses propres principes en Europe et notamment en France à Villemur sur Tarn, où la direction a perdu 4 procès et dont 2 dirigeants sont appelés à comparaître devant le Tribunal correctionnel. Que se passera-t-il si les constructeurs automobiles européens et notamment français, prennent des mesures de restriction à l’égard de Molex, comme ils en ont déjà manifesté l’intention, tout en sachant que le marché européen représente la plus grosse part de l’activité automobile de Molex. »

- 2 « La réorganisation commencée en 2007 va entraîner un coût supérieur à 120 millions de dollars et supprimer des milliers d’emplois pour un résultat non garanti. Les différentes réorganisations antérieures n’ont en effet pas prouvé leur efficacité. Ne serait-il pas plus judicieux de mettre cet argent dans l’investissement productif et la recherche afin d’améliorer la productivité et, de ce fait, la compétitivité ? Actionnaires et salariés pourraient y trouver leur compte. »

C’est cela que Molex n’a pas voulu entendre : une vérité dérangeante.

 




Site CGT

Publié dans Actualités : Social

Commenter cet article