1er MAI des TRAVAILLEURS

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

 

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La prétention de Sarkozy-Le Pen de s’attaquer aux syndicats et de faire un hold up sur le 1er Mai

"Une situation qui rappelle de tristes souvenirs" - Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT, résistant, déporté.


Nicolas Sarkozy devrait approfondir ses connaissances sur l’histoire du 1er Mai. En France, cette journée de lutte existe depuis qu’on a inauguré la tour Eiffel. Depuis que les ouvriers ont décidé de manifester chaque année à cette date, en dépit des interdictions et de la répression, le 1er Mai à l’échelle internationale est un symbole de l’unité de tous les travailleurs du monde pour le progrès social et la liberté. Vouloir faire une cérémonie spéciale sur « le vrai travail », c’est une ignorance totale de l’histoire du 1er Mai. Les propos tenus par Henri Guaino sur France Inter, évoquant à propos du défilé populaire « un 1er Mai des permanents syndicaux », sont particulièrement choquants et n’ont rien à voir avec la réalité.


Les permanents syndicaux sont évidemment dans les manifestations du 1er Mai, mais leur caractéristique, c’est la participation la plus massive possible des salariés et de leurs familles sur la base de la solidarité et de leurs revendications sociales. Henri Guaino, comme Nicolas Sarkozy, a tout à apprendre de l’histoire du mouvement ouvrier.


La prétention d’organiser un autre rassemblement, d’une autre nature, sur le thème du « vrai travail » me rappelle les périodes durant lesquelles les dictatures fascistes ont interdit les manifestations du 1er Mai correspondant à son histoire pour en faire des manifestations de collaboration de classes niant la défense des revendications et la solidarité. Nous sommes dans une situation qui rappelle de tristes souvenirs. Sous l’occupation nazie, nous n’avions pas le droit de manifester et pourtant nous l’avons pris.

Nous nous sommes heurtés à la répression de l’état français sous la direction de Pétain et de Laval. Jamais les travailleurs ne se sont résignés à accepter que l’on change la nature de classe du 1er Mai.


Il y a dans cette décision de Nicolas Sarkozy quelque chose qui va dans le sens de ce qui a toujours été condamné par le monde du travail et par tous les démocrates. Je rappelle qu’à l’origine le 1er Mai a été organisé pour obtenir la journée de huit heures de travail. S’attaquer aux « corps intermédiaires », donc aux syndicats, qu’on oppose aux « vrais travailleurs » rappelle l’époque pétainiste, où l’on vantait le corporatisme et la collaboration de classe.


Cela nous rattache aux vieilles traditions de l’extrême droite. Pour m’opposer à ces conceptions réactionnaires en France et dans d’autres pays d’Europe, j’ai écrit un livre sur le centenaire du 1er Mai qui explique la signification de cette journée, qui demeure un moment important de la solidarité internationale des travailleurs et de leur volonté de progrès sociaux.


Les organisations syndicales ont pris la décision de faire un grand 1er Mai. J’ai beaucoup apprécié en tant que syndicaliste que Jean-Luc Mélenchon ait appelé les travailleurs et tous ceux qui sont proches du Front de gauche à participer massivement aux manifestations.


Ce sera une nouvelle journée de combat pour le progrès, la liberté, et contre les restrictions sociales préconisées par ceux qui veulent modifier la nature de la Journée internationale de lutte.

Georges Séguy

 

 


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serrurerie paris 17/02/2015 12:58

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