Société générale

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Daniel Bouton démissionne de la Société générale

En sursis depuis l’affaire Kerviel et le scandale de ses stocks-options, le président de la Société Générale, Daniel Bouton, a démissionné, espérant par son départ mettre fin à la tourmente dans laquelle est plongée la banque depuis quinze mois.

Sur le ton de la victime, "Je suis devenu la cible d’attaques incessantes qui finissent par nuire à cette entreprise à laquelle je suis très attaché", Daniel Bouton explique dans un entretien au Figaro faire "le choix de m’en aller maintenant pour protéger la banque", troisième banque française en terme de capitalisation boursière.

Le conseil d’administration élira le 6 mai un nouveau président parmi les administrateurs de la banque.

Le nom de Jean-Martin Folz, ex-patron de PSA et président du comité des rémunérations, est notamment cité, bien qu’il ait été indirectement éclaboussé par le scandale des stock-options.

Une autre possibilité serait de confier la présidence à Frédéric Oudéa, l’actuel directeur général.

Daniel Bouton, "en démissionnant, protège l’image de la banque, des clients, des employés", a réagi le ministre du Budget Eric Woerth.

Le porte-parole du gouvernement Luc Châtel a, lui, qualifié son départ de "non-événement".

La CFDT, qui réclamait la démission de M. Bouton depuis le début de l’année, s’est félicitée de cette décision qui devrait "ramener de la sérénité parmi le personnel". Mais la CGT s’inquiète au contraire de ce départ qui "ouvre une période d’incertitude" et pourrait constituer un "signal" pour "ceux qui voudraient mettre la main" sur la banque.

Après la découverte de l’affaire Kerviel, le trader qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à la banque en se livrant à des opérations non autorisées, Daniel Bouton avait déjà remis sa démission à son conseil d’administration. Mais celui-ci l’avait refusée, malgré le tollé provoqué par cette affaire et les critiques sur l’insuffisance des contrôles au sein de la Société Générale.

Le président Nicolas Sarkozy avait même appelé M. Bouton à en "tirer les conséquences". Mais ce dernier avait fait valoir qu’on ne quitte pas un navire en pleine tempête. D’autant que son départ aurait sans doute convaincu BNP Paribas, en embuscade depuis son OPA manquée en 1999, de repasser à l’attaque.

M. Bouton avait toutefois fait monter à la direction générale Frédéric Oudéa, un polytechnicien de 45 ans, ne gardant que la présidence du groupe.

La banque connaît alors une accalmie, parvenant à dégager un bénéfice de 2 milliards d’euros au titre de 2008.

Mais l’annonce début 2009 de l’octroi 70.000 stock-options à Daniel Bouton et de 150.000 à Frédéric Oudéa, suscite une nouvelle levée de boucliers, y compris parmi les clients de la banque. Et elle entame sérieusement cette fois le crédit dont le patron de la Société générale jouissait jusqu’alors auprès de ses 163.000 salariés.

Face au tollé, les deux hommes finissent par y renoncer, mais le mal est fait.

Coup de grâce, le rapport annuel de l’entreprise révèle que M. Bouton aura droit à une retraite de 730.000 euros par an.

"Ca commence à faire beaucoup", résume alors Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP.

Dernière estocade : Libération affirme lundi qu’une filiale de la Générale aurait perdu 5 à 10 milliards d’euros dans des investissements hasardeux.

La banque reconnaît une perte de 1,2 milliard d’euros, mais fait valoir qu’elle l’avait déjà rendu publique et passée dans ses comptes.

 

 

 

 

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