Elections européennes 2009

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Front de gauche : ce qui germe

Photo Romani/phototheque.org
Cette campagne serait bien morne et son résultat écrit d’avance, si le Front de gauche n’avait semé une graine d’espoir en offrant à ceux qui luttent pied à pied contre l’offensive libérale de Nicolas Sarkozy, la perspective d’une gauche combative…
L’éditorial de Patrick Apel-Muller.

La droite n’est pas guérie du grand frisson qui lui a parcouru l’échine, au soir du référendum sur le traité constitutionnel. Elle a donc décidé de décliner toute la gamme des coups politiciens pour s’éviter un nouveau cauchemar. Elle a d’abord tout fait pour retarder l’ouverture d’un débat public sur la nature de la construction européenne, puis elle a tiré les fils d’opérations en cascade, un jour mettant François Bayrou sur un piédestal médiatique, puis l’en délogeant pour une promotion de Daniel Cohn-Bendit, favorisant la présence d’Olivier Besancenot et censurant l’expression du Front de gauche, comme c’est le cas presque sans exception dans l’audiovisuel public ou privé, l’Élysée agitant avec constance l’épouvantail de l’insécurité… Des jeux dans lesquels nos concitoyens ne peuvent se reconnaître et qui visent à détourner les colères vers l’abstention, quitte à décrédibiliser la République même et le suffrage universel. « De ces secrets, Madame, on saura vous instruire, vous n’avez seulement qu’à vous laisser conduire », susurrait Tartuffe, qu’évoque irrésistiblement l’appel à voter finalement lancé hier par Nicolas Sarkozy. N’est-il pas l’auteur de ce traité de Lisbonne qui nie le « non » des Français au référendum en leur opposant un copié-collé du projet de constitution ?

L’inquiétude a aussi tenu lieu de conseillère dans les rangs du PS, écartelé entre la revendication croissante d’une Europe sociale parmi les salariés et son engagement dans la construction d’une l’Europe libérale, pilotée par Manuel Barroso. Martine Aubry en est réduite à des acrobaties arithmétiques pour justifier un « vote utile », que contredit cette élection à la proportionnelle. À l’aune de la résistance au libéralisme, un député PS ne fait pas le poids par rapport à un député du Front de gauche, comme l’a montré l’enquête concernant les votes des différentes forces politiques sur les grands dossiers soumis au Parlement de Strasbourg.

Cette campagne serait bien morne et son résultat écrit d’avance, si le Front de gauche n’avait semé une graine d’espoir en offrant à ceux qui luttent pied à pied contre l’offensive libérale de Nicolas Sarkozy, la perspective d’une gauche combative, résolue à rassembler une majorité sur des contenus anticapitalistes, dans la rue comme dans les urnes. Aux côtés du Parti communiste, du Parti de gauche, des unitaires du NP, des syndicalistes, des militants associatifs ou d’autres formations de gauche se sont engagés. Des intellectuels y ont décelé un signe d’espérance. Là, germe de quoi rompre le cycle infernal des promesses oubliées et des défaites annoncées. Le 7 juin en sera le baptême, républicain.

Les heures qui viennent vont être décisives pour que ces élections ne soient pas un coup pour rien, une occasion manquée de freiner les entreprises de la droite et du patronat, de dessiner un autre avenir que celui de l’envolée du chômage et des dividendes. Chacun peut mettre du sien dans la balance, convaincre des proches, des collègues, des voisins. C’est ainsi que le « non » l’avait emporté, il y a quatre ans. La recette est d’une redoutable efficacité.

 

 

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