Crise économique sur l’emploi et la protection sociale

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

A lire d'urgence, un point de vue à contre-courant des discours rassurants et anesthésiants (du type : serrez les fesses braves gens, ça ira mieux dans un an).

Source : http://www.ilo.org/global/About_the_ILO/Media_and_public_information/Press_releases/lang--fr/WCMS_107549/index.htm

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Avertissant que la crise de l’emploi et de la protection sociale provoquée par la récession économique pourrait durer de six à huit ans, le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) Juan Somavia a appelé aujourd’hui les délégués de la 98e Conférence internationale du Travail à adopter un «Pacte mondial pour l’emploi».

M. Somavia a cité une série de terribles défis économiques auxquels est confronté le monde du travail, en commençant par la hausse du chômage et de la pauvreté qui pèse sur les entreprises; il a ajouté: «Tous ces éléments réunis signifient que le monde peut s’attendre à une crise de l’emploi et de la protection sociale qui pourrait durer de six à huit ans».

Il a également indiqué que l’économie mondiale devrait créer 300 millions de nouveaux emplois d’ici 2015, ne serait-ce que pour rester en phase avec l’accroissement de la main-d’œuvre, ajoutant que «le cours des choses [allait] dans la direction opposée» et que «le chômage [risquait] de continuer à augmenter au moins jusqu’à la fin de 2010, peut-être 2011».

Notant qu’il existait certes des signes de perte de vitesse de la récession économique, il a ajouté: «Nous savons par expérience que l’emploi ne retrouve son niveau d’avant crise qu’avec un décalage de quatre à cinq ans en moyenne.»

«Notre responsabilité tripartite est de proposer des politiques qui réduisent de manière significative le délai de reprise de l’emploi», a déclaré M. Somavia à l’assemblée plénière. Il a déclaré qu’un pacte mondial impliquerait un engagement des Membres tripartites de l’OIT à faire de l’emploi et de la protection sociale un élément central de toutes leurs politiques économiques et sociales; qu’il mettrait en avant une vision productive guidée par l’investissement et les entreprises, la protection sociale et la création d’emplois.

«Tout dépendra du succès des politiques économiques et sociales globales et des plans de relance adoptés par les pays, ainsi que du fonctionnement du secteur financier», a-t-il expliqué. «Notre priorité est de façonner un accord tripartite solide qui réponde à la crise par le travail décent».

«Le pacte n’est pas une obligation juridique internationale», a-t-il constaté. «C’est un accord sur des approches stratégiques communes, conduisant éventuellement à des programmes nationaux et internationaux».

M. Somavia a indiqué que le Pacte mondial pour l’emploi était basé sur une série de politiques expérimentées, qui ont fait leurs preuves et qui, si elles sont adoptées de façon globale, peuvent «réduire les tensions sociales, protéger les personnes en période de récession et surtout, stimuler la demande et préparer la croissance de demain».

«C’est pourquoi je vous engage, en tant que Conférence tripartite internationale du Travail – la plus haute instance de gouvernance de l’OIT – à concevoir votre Pacte mondial pour l’emploi comme une initiative nationale, régionale et mondiale pour aider les travailleurs, les familles et les entreprises à surmonter la première crise systémique de l’économie mondialisée et à planter les jalons de la voie du travail décent vers la reprise et une croissance durable», a poursuivi M. Somavia.

Plus de dix chefs d’Etat et de gouvernement, cinq vice-présidents, des ministres du Travail, des travailleurs, des employeurs et d’autres dirigeants économiques et sociaux vont participer à un Sommet de l’emploi les 15 et 16 juin au cours de la réunion annuelle de l’OIT. Près de 4 000 délégués venus des 183 Etats Membres de l’Organisation devraient assister aux seize jours de Conférence à Genève.

La Conférence s’est ouverte dans un contexte que M. Somavia a qualifié de «changement d’ère». Le Directeur a constaté «qu’alors que les bénéfices de la croissance d’antan étaient hautement concentrés, le coût de la crise se répercutait très largement».

«Donner la priorité aux gens – pas seulement en paroles mais dans les actes – doit être une priorité», a conclu M. Somavia.


Publié dans Monde : actualités

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