Fonction publique

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Statut de la fonction publique, un acquis pour la société

Table ronde avec : Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT fonctionnaire Anicet Le Pors, ancien ministre de la Fonction publique Georges Tron, député UMP. À lire dans l’Humanité des Débats du samedi 27 juin.


Une proposition de loi déposée par quatre vingt sept députés UMP, Nouveau Centre et villieristes vise à instituer « la liberté de recrutement par les collectivités territoriales ». Si elle était adoptée, elle ferait de l’embauche sur contrat la règle et de l’embauche sur statut l’exception. Le contraire de la situation actuelle.

Le 19 septembre 2007, six mois après son élection comme président de la République, Nicolas Sarkozy annonçait, dans un discours à l’Institut Régional d’Administration (IRA) de Nantes, « une révolution culturelle » pour la fonction publique. Et, pour commencer, il réaffirmait avec vigueur sa volonté de ne remplacer qu’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Depuis, avec la révision générale des politiques publiques (RGPP) les ministères ont rivalisé de zèle pour tailler dans les effectifs. 34 000 suppressions de postes sont encore annoncées pour 2010. Quant à ce qui fait l’ossature du service public et de la fonction publique à la française, le statut des fonctionnaires, il subi assaut après assaut. Principal objectif, remplacer le statut par le contrat, le concours de recrutement qui assure « l’égal accès de tous » à l’emploi public par un système qui fera la part belle aux relations, à l’affinité politique ou personnelle, pour tout dire, à l’arbitraire. A travers les projets avancés, présidents d’universités et chefs d’établissements scolaires pourraient recruter directements les enseignants, tout comme les collectivités locales la plupart de leurs agents. Intéressement, individualisation des salaires sont aussi au programme. La fonction publique est-elle l’objet de telles critiques des usagers que s’impose ce traitement de choc ? C’est loin d’être ce qui ressort des enquêtes qui, en dépit de toutes les campagnes médiatiques qui stigmatisent les fonctionnaires, témoignent d’importants taux de satisfaction de la population. Et la crise n’a fait que mettre encore davantage en évidence le rôle social positif du service public et de la fonction publique tandis que du côté des personnels le rejet de ces projets s’exprime depuis de longs mois avec force, notamment dans l’université et l’hôpital. Modernisation ou démantellement ? Réponse aux besoins de la société ou dogme libéral ? Les avis des intervenants de cette table ronde de l’Humanité divergent très nettement.

J.S.

Article : L'Humanité

 

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