Carling : Accident industriel

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Les syndicats exigent la transparence

Au lendemain de l’explosion mortelle de l’un des vapocraqueurs de l’usine Total, la CGT parle d’« imprudence » et déplore les accidents à répétition dans le groupe.

Deux morts et six blessés, c’est le bilan de l’explosion qui s’est produite il y a deux jours, à 15 h 15, sur la plateforme pétrochimique de Total Petrochemicals France (TPF) à Carling, en Moselle. Selon l’entreprise Total, les premiers dysfonctionnements remontent à lundi dernier. De violents orages avaient entraîné quelques « incidents électriques » ainsi que l’arrêt des installations. Le jour même du drame, la phase de démarrage, unité par unité, avait repris progressivement.
C’est une de ces unités de production de vapeur, le vapocraqueur nº 1, qui a explosé « pour une raison encore inconnue », selon le communiqué du groupe Total.

LES PREMIERS SECOURS

Une dizaine de minutes après la détonation, une vingtaine de véhicules de sapeurspompiers de Freyming-Merlebach et de Saint-Avold se sont rendus sur place et une cinquantaine d’hommes a été déployée sur zone. La police scientifique et technique poursuit ses relevés. Sur les 850 ouvriers employés du site de Carling, une centaine travaille sur le vapocraqueur nº 1, qui sert à produire des bases pétrochimiques. L’explosion a provoqué un trou béant de un mètre de profondeur et de deux mètres de diamètre. « Ils n’ont eu aucune chance de s’en tirer.
La déflagration a dû être terrible  », commente Aldo Sclazo, délégué CGT au comité d’entreprise et employé à Carling depuis près de vingtcinq ans. Ceux qui n’ont eu aucune chance étaient deux jeunes ouvriers.
Le premier, Maximilien, était un apprenti âgé de vingt ans et le second, Jérôme, un ouvrier qualifié de vingthuit ans. Les six autres blessés ont été évacués vers un centre hospitalier et sont hors de danger. Dans le bâtiment de la direction de TPF, une cellule psychologique a été mise en place auprès des collègues des victimes. Après l’accident, Total a assuré que « le site est sécurisé et qu’aucun risque de pollution n’est à craindre ».

LES CAUSES DU SINISTRE

Pour l’heure, ni l’entreprise ni les enquêteurs n’ont donné d’explications sur les causes du sinistre. On peut néanmoins s’interroger sur les conditions dans lesquelles le vapocraqueur a été rallumé. Hier, questionnée sur France Culture, l’avocate de la CGT chimie, Sylvie Topaloff, a parlé « d’imprudence » à l’origine de la catastrophe : « D’après les informations recueillies au sein du syndicat, il semblerait qu’on ait procédé à un rallumage manuel du vapocraqueur, ce qui aurait entraîné l’explosion. » Un avis confirmé par la CGT : « Si cette unité avait disposé d’équipements de même niveau que l’unité de vapocraqueur n°2 (dotée d’un redémarrage automatique) que Total vient d’arrêter, malgré notre opposition, l’accident ne se serait pas produit ! » Tous les syndicats (FO, CFDT, CGT) ont demandé que la lumière soit faite sur « les causes de l’accident et sur la chaîne des responsabilités en toute transparence  ». Ce traumatisme se surajoute à une période de plan social particulièrement tendue, « avec suppressions d’emplois, déstabilisant les équipes de travail », selon la CGT. Il y a sept mois, un des deux vapocraqueurs a été définitivement arrêté. Qu’adviendra- t-il du second ?
Enfin, cette explosion ravive la question essentielle du niveau de sécurité des personnels et des habitants vivant autour de sites industriels tels que celui de Carling, classé Seveso 2, c’est-à-dire présentant des risques d’accidents majeurs.

Ixchel Delaporte


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