Les jeunes ne voient pas l'avenir en rose

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Alors que Martin Hirsch peine à débloquer les moyens nécessaires pour la mise en place de son plan d’aide aux jeunes, un sondage réalisé par l’IFOP conclut à un pessimisme majoritaire quant à l’avenir des jeunes. Enquête sur une jeunesse partagée.

Au vu du sondage de l’IFOP, la jeunesse finirait par se mettre martel en tête. En réalité, les opinions divergent. Mathilde a vingt-quatre ans et étudie le droit à l’université de Nanterre. Elle affiche un fort optimisme et croit en un avenir meilleur, comme 9% des Français interrogés. "Les jeunes peuvent avoir une situation meilleure que leurs parents". Amandine, vingt-deux ans, est étudiante en Lettres à Nice. A contrario, elle fait partie de ceux qui considèrent que les jeunes auront un avenir moins bon que celui de leurs parents : "Je vois l’avenir par la précarité dans le travail. Une carrière unique me semble tellement rare".

Une difficile insertion

Une meilleure situation, est-ce vouloir prendre la Lune avec les dents ? Gauthier est un exemple que l’ascension sociale reste encore possible. "Ma mère a commencé à travailler à l’âge de quatorze ans et mon père est dirigeant d’une section chauffage et climatisation". A trente-trois ans, il a un poste d’ingénieur près d’Aix-en-Provence. Avec un bac technique en poche, il parvient à intégrer l’école d’ingénieur de Strasbourg. Dès sa sortie, il trouve un emploi. Il l’admet, pour en arriver là, il a dû se battre, mais il se veut rassurant : "Pour moi, ça n’a jamais été impossible". Si Gauthier a su s’orienter dans ses études, beaucoup peinent à trouver leur voie. A l’instar de Florian qui préparait un master 2 de médiation culturelle à la Sorbonne. Perdu dans ses études, il a décidé de tout lâcher en début d’année. A vingt-quatre ans, il a choisi de faire le tour du monde pendant dix-huit mois. "Mon master n’étais pas assez professionnalisant et on ne m’a pas bien conseillé. Les discours sur mon orientation relevaient toujours de conversation de cour de récréation. Voilà où j’en suis maintenant !". En attendant, Florain cumule les CDD : "Depuis janvier, j’ai eu sept jobs différents : surveillant dans un collège, animateur dans un parc d’attraction ou encore guichetier dans un centre culturel. C’est une situation difficile. Mais, j’économise pour me payer mon voyage en espérant que celui-ci m’aiderai à y voir plus clair sur mon avenir". Et même pour quelqu’un qui a un diplôme en poche, l’insertion professionnelle relève du parcours du combattant. Charlotte a obtenu son master business à l’Ecole de commerce ESG de Paris. Un bac +5 exemplaire pour cette jeune femme de vingt-cinq ans… Mais une ombre au tableau : cela fait six mois qu’elle cherche un emploi, sans succès. "J’ai passé vingt-cinq entretiens d’embauche et envoyé une cinquantaine de CV. Aujourd’hui, je n’ai toujours rien". Le secteur d’Internet, a priori porteur, semble ne pas échapper à la crise. "J’ai eu une réponse d’entretien hier. Ils m’ont dit que mon CV était de qualité. Malheureusement, ils ont décidé de bloquer les recrutements pour l’instant…", lâche-t-elle, démotivée.

La formation professionnelle avant tout

Alors comment améliorer l’insertion professionnelle des jeunes ? Pour 52% des personnes interrogées par l’IFOP, il faudrait "accroître davantage la part de la formation professionnelle au cours des études". Alexandre partage ce point de vue. A vingt ans, il passe son Bac Pro Commerce en alternance, dans un lycée parisien. Il atteste que ce baccalauréat lui donne une réelle expérience : "Je suis deux jours en école et trois jours en entreprise. Pour moi, c’est le meilleur moyen de s’insérer professionnellement". Mais voilà : trouver une entreprise n’est pas une tâche aisée. Cindy est étudiante en droit à l’université d’Aix-en-Provence. Agée de vingt-et-un, elle a cherché une alternance afin d’accéder à un master 2. Elle raconte les difficultés qu’il lui a fallut surmonter : "J’ai mis deux mois à trouver une alternance. J’ai l’impression que les jeunes se heurtent beaucoup trop souvent à des refus". Très justement, elle souligne : "Accueillir un jeune dans une entreprise, c’est le former comme elle le souhaite afin de répondre à la demande de travail. Tout le monde y trouve son compte".

Stéphanie Wiélé


Publié dans Actualités : Social

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