Oubliés des vacances

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Echappée belle pour 5000 enfants

Solidarité. Hier, la Journée des oubliés des vacances organisée par le Secours populaire français a offert une grande bouffée d’air à des milliers de familles frappées de plein fouet par la crise.

Cabourg (Calvados), envoyée spéciale. « Aujourd’hui, on a de la chance, il fait beau. » Il est 7 heures et Anne, bénévole au Secours populaire français, se réjouit de la clémence de la météo, cette année. Rendez-vous est pris place Léon-Blum, dans le 11e arrondissement de Paris. C’est l’un des points de départ des bus, direction Cabourg.

Pour les trente ans de la Journée des oubliés des vacances, le SPF a mis les petits plats dans les grands pour offrir à quelque 5 000 enfants d’Île-de-France qui ne partent pas en vacances une journée au bord de la mer. Pas moins d’une centaine de bus, au départ de toute la région, convergent vers les plages cabourgeoises. Les motards de la police nationale escorteront le convoi sur les derniers kilomètres du parcours.

« Heureuse d’être là »

À l’arrivée, l’image est stupéfiante. Des milliers de petites têtes « casquettées » aux couleurs de la fédération du SPF de leur ville envahissent le sable et y déposent serviettes et sacs à dos. L’armée a prêté huit grandes tentes qui jalonnent la plage. Sous chacune d’entre elles, les « QG » des 8 fédérations du SPF. On y gère les repas, les « petits bobos », et la logistique de chaque groupe. Ali est venu avec Aurélien, son copain du club de foot d’Épinay-sur-Seine. Pour eux, c’est une première, leur première « Journée des oubliés des vacances ». Impressionnés par la foule, ils mettront quelques minutes à se sentir à l’aise. Plus de 5 000 enfants et 1 500 accompagnateurs pour un triste record d’inscriptions cette année. « Exceptionnellement, elles sont restées ouvertes jusqu’au dernier moment cette année. On a senti la détresse de certaines familles grandir et nous avons choisi de ne refuser aucun enfant. On a juste adapté la logistique », explique Antoine, ancien de la Mairie de Paris, bénévole au SPF et aux restos du coeur depuis des années. C’est sa troisième Journée des oubliés et il constate le changement par rapport aux années précédentes, lui qui aide au quotidien les personnes les plus fragiles. Rachida, elle, est venue en tant que maman et accompagnatrice. Elle avoue à demi-mots que cette journée lui fait du bien autant qu’à ses petits. « Les temps sont de plus en plus difficiles, c’est la première fois que je viens et je suis heureuse d’être là. »

Jeu de l’oie géant sur la plage

Au programme des réjouissances, baignade, bien sûr. Sous l’oeil vigilant des équipes de CRS-NS (nageurs sauveteurs) qui ont, pour l’occasion, doublé leurs effectifs sur la plage de Cabourg, les centaines de petits Franciliens mettent les pieds dans l’eau. Pour certains, c’est la première fois qu’ils voient la mer. « On dirait une grande mare », dira l’un d’eux en descendant du bus. Pas pour Gerby. Lui, il est allé « plein de fois à la mer ». « Casquette jaune », comme il se définit, Gerby vient du « 9-2 », de Colombes. À la Journée des oubliés, il sait qu’il va retrouver ses copains de classe, ils se connaissent, ils viennent du même quartier, et passent les vacances dans les mêmes parcs. Le pique-nique vite englouti, tout le monde se presse vers les stands d’activités proposées par les bénévoles. Construction de châteaux de sable, découverte de la science, activités manuelles, chacun peut y trouver son compte. Le jeu de l’oie géant sur les droits des enfants remporte un franc succès. Pour fêter les vingt ans de la Convention des droits de l’enfant, une des tentes est réservée à l’information, la découverte et le jeu autour de ces droits fondamentaux que tous, enfants comme adultes, devraient connaître.

Comme des abeilles sur un pot de miel

Quand vers 15 heures, la batucada de Bahiafro descend sur la plage avec tambours, caisses claires et autre percussions, ils sont des dizaines à se précipiter vers elle comme des petites abeilles sur un pot de miel. Florent, percussionniste de Bahiafro, est impressionné par le monde. Pourtant habitué des sorties d’association, il avoue être particulièrement touché par l’initiative du SPF. Après le goûter et les « clowneries » de l’après-midi, il faut commencer à sortir de l’eau et rassembler ses affaires avant de prendre la route du retour. En chemin, un repas est prévu, comme pour prolonger encore ces quelques heures de bonheur et de rires, vécues sous l’oeil parfois perplexe des habitants du front de mer. L’année prochaine, le Secours populaire sera toujours au rendez-vous des oubliés des vacances. Avec, espère l’association, un peu moins de demandes qu’en cet été de crise.

Marion d’Allard




Publié dans Actualités : Social

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