Bientôt une loi contre les tee-shirts ostentatoires ?

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

arton2761207.jpgUne collégienne a été exclue durant trois jours pour « prosélytisme ». Elle portait un tee-shirt « Palestine libre ».

Ce pourrait presque être un sujet de philosophie. Où donc s’arrêtent la citoyenneté et le débat politique ? La direction du collège Claude-Bernard de Villefranche-sur-Saône (Rhône) a visiblement tranché : ce sera à la porte de la classe. À la mi-février, Zeyneb D., élève de troisième, est exclue de son établissement pour trois jours pour avoir porté un tee-shirt sur lequel il était inscrit « Palestine libre ». Après la loi de 2004 qui réglementait le port de signes religieux ostentatoires dans le milieu scolaire, peut-être pourrait-on suggérer d’adapter la législation aux tee-shirts.

Selon le collectif caladois pour le peuple palestinien (CCPP), qui compte parmi ses membres des enseignants, actifs ou retraités, ainsi que des organisations syndicales (FSU), et soutient la jeune fille, le « professeur d’histoire-géographie avait, dans un cours précédent, fait l’éloge d’Israël et repris à son compte et devant les élèves toute la rhétorique justifiant la colonisation de la Palestine ». Le lendemain, Zeyneb revient en cours avec son tee-shirt ; son professeur pousse des cris d’orfraie et la somme de le cacher ou de prendre la porte. Elle choisit de quitter la salle.
Plus intéressant encore, le professeur s’est sans doute senti contraint d’expliquer « politiquement » son geste. Le CCPP rapporte ainsi qu’il s’en serait « pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de charlots et de charlatans ».

Dans la foulée, la direction de l’établissement rédige une notification de la mesure disciplinaire dans laquelle elle tient à peu près ce langage : « Considérant que les faits commis, à savoir l’acte de prosélytisme et le départ d’un cours sans autorisation avec refus d’obéissance, constituent une faute justifiant une sanction, une exclusion provisoire est prononcée à l’encontre de Zyneb. » Reste à savoir comment interpréter la référence au « prosélytisme » qui renvoie de fait au religieux. Est-ce à dire que la question de la création d’un État palestinien est circonscrite au conflit interreligieux  ? Voire que Zeyneb, par extension et du fait de ses origines, distille, par la voie de son tee-shirt, une propagande promusulmane ? Et, par là même, peutêtre extrémiste ?

Le collectif caladois pour le peuple palestinien interroge de son côté : « Estce là l’enseignement ? L’humiliation et la violence traumatisantes infligées à une adolescente, est-ce là la pédagogie ? Nous entendons dénoncer une faute grave, et professionnelle et humaine, une attitude indigne d’un enseignant responsable. » Le collectif ainsi que la mère de Zeyneb réclament le retrait de la sanction. « Ma fille porte ce tee-shirt depuis deux ans. Cela n’a jamais posé de problème. Nos enfants ont le droit de s’exprimer. Palestine libre, c’est un message de paix. »

Lina Sankari

 


Publié dans Société

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