Borloo, la nouvelle carte « sociale » de Sarkozy

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

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Après le passage en force sur le dossier des retraites, l’Élysée cherche à se refaire une santé et à cultiver son aspect « social » grâce à la « carte » Borloo. Un homme libéral qui passerait bien. 

 

Sortir de l’ornière en optant pour la moins mauvaise des solutions. Au casting des prétendants à Matignon, le chef de l’État n’a pas l’embarras du choix malgré le florilège de candidats qui s’y verraient bien. Depuis quelques semaines, Jean-Louis Borloo, présenté comme la carte « sociale » de Nicolas Sarkozy, minaude. Dimanche, sur Canal Plus, il a fait mine de coller à la parole des manifestants en appelant à « reprendre le chemin de la cohésion sociale » : « Moi, ce que j’ai entendu de la rue, et d’une manière générale de la crise, c’est que plus il y a de crises, plus il y a besoin de justice sociale, de justice fiscale, de respect. » Mieux, dans une vibrante tirade, le ministre d’État a appelé à « tendre la main aux plus fragiles » et à « considérer que la richesse d’un pays, ce sont ses ressources humaines »

 

Vernis social sur mesures libérales

 

Après le durcissement sécuritaire, qui a vu une partie des familles gaullistes et centristes prendre leurs distances, et le passage en force sur le dossier des retraites, le pouvoir cherche à se refaire une virginité sociale. À quoi tient donc la méthode Borloo si ce n’est à parer d’un vernis social des mesures qui restent libérales ? Ainsi, le ministre de l’Écologie propose-t-il de renommer la réforme des retraites, « plan de garantie des pensions des retraités français ». Selon lui, une « vraie » réforme aurait consisté à passer directement à un « système de capitalisation ». Tout est dans le verbe comme ce fut le cas avec la taxe carbone, qui n’épargnait pas les ménages, ou avec le plan de rénovation urbaine, qui a démoli avant de reconstruire et ainsi accentué la crise du logement. Enfin, son plan de cohésion sociale, daté de 2004, prévoyait d’accentuer la précarité en assouplissant les temps partiels, l’usage des CDD, de l’intérim, tout en abaissant le coût du travail. À la simple évocation de son nom, Laurent Fabius (PS) ironise : « Ce monsieur Borloo est un homme sympathique. (…) Sur le plan national, je crois qu’il est au gouvernement depuis huit ans sans arrêter, je pense qu’il est assez d’accord avec ce qui s’est fait depuis huit ans. »

Lina Sankari (L'Humanité)


 

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