Chez les Schtroumpfs

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

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La rencontre de Nicolas Sarkozy et de Carlos Ghosn n’est pas du dialogue. C’est de la conspiration.

Ce qu’il est convenu d’appeler « le marathon » des vœux présidentiels tourne à la fable et à la farce. C’est la sarkozye racontée aux enfants par Nicolas Sarkozy lui-même. Une sorte de pays paisible dont il serait le Grand Schtroumpf. Après l’incroyable étalage d’autosatisfaction de sa prestation télévisée du 1er janvier, ses vœux hier aux partenaires sociaux, sans ironie cette fois, confinaient à la provocation, au regard de ce que vivent les Français et les salariés : « Je ne crois pas que dans notre histoire sociale, nous ayons jamais connu un dialogue aussi fréquent et aussi dense », a-t-il déclaré sans ciller et en y voyant « une forme de maturité de notre démocratie »…

Cela, quelques jours à peine après la modification, par exemple, du statut de La Poste, quand l’opinion de plus de deux millions de Français, exprimée dans un référendum d’initiative populaire sans précédent, a été tenue pour nulle et non avenue après avoir été stigmatisée par les lieutenants du sarkozysme. Cela, quelques jours à peine après la nouvelle comparution devant le tribunal des militants syndicaux des « Conti », pourtant en véritable situation de légitime défense face à la violence sociale de la direction du groupe. Cela, quand d’autres militants syndicaux, tout au long de l’année écoulée, confrontés à cette même violence sociale, ont été assimilés à des délinquants et à des preneurs d’otages, toujours par ces mêmes lieutenants du sarkozysme. Cela, quand des dizaines de salariées, chez Pimkie, ont passé leurs soirée de Noël et réveillon du jour de l’an à garder leur usine pour défendre leur travail et leurs gosses.

Oui, ces vœux-là sont bien de la provocation. Et faut-il revenir sur les luttes majeures de l’année passée ? Le dialogue en Guadeloupe, avec quarante-quatre jours de grève générale pour des acquis arrachés de haute lutte et aussitôt remis en cause ? Le dialogue en France avec trois millions de manifestants dans les rues de nos villes le 19 mars, pour ne prendre que cette date ? Cela, quand le chef de l’État faisait de grands moulinets en jouant les don Quichottes à l’approche du G20 sur « la régulation du capitalisme » pour, au final, ne s’attaquer qu’à des moulins à vent.

Le dialogue encore, quand un million de chômeurs vont arriver cette année en fin de droits et que rien n’est prévu ? Á combien de centaines de milliers de chômeurs en plus faut-il s’attendre dans les mois qui viennent, alors même que la reprise de la croissance financière se fait à coups de plans sociaux ? Ce que le capitalisme appelle à un assainissement de l’économie. Ah, oui ! c’est vrai, Nicolas Sarkozy va rencontrer Carlos Ghosn, le PDG de Renault. Que veut-on encore nous faire croire ? Qu’il va lui remonter les bretelles ? Allons donc, ils vont dealer entre partenaires car oui, là, ils sont partenaires les voies et les moyens d’une délocalisation acceptable par l’opinion.

Faut-il rappeler ici les engagements de l’an passé, quand Renault et PSA, après avoir touché l’un et l’autre trois milliards d’euros chacun, s’engageaient par écrit, nous affirmait-on, à maintenir leur production sur le sol national. Et Renault, maintenant, veut construire la Clio en Turquie. La rencontre aujourd’hui de Nicolas Sarkozy et de Carlos Ghosn, pour le coup, n’est pas du dialogue. C’est de la conspiration. Alors, Monsieur le président, avec tout le respect dû à votre fonction, vos vœux aux Schtroumfs, gardez-les.

Par Maurice ULTRICH


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