En campagne

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Avec ce jeudi noir s’avance le super-plan d’austérité que la droite prépare pour faire payer le renflouement par des monceaux d’argent public, la crise générée par le tout-financier.
26/01/2010

Il s’était rodé lors de la parade des vœux de début d’année. Le président de l’UMP est donc en campagne. Après un passage dans le fief angevin de son poulain Christophe Béchu partant à l’assaut des Pays de la Loire, un autre dans l’Orne pour reconquérir les paysans, il se sera donc adressé hier soir au pays tout entier, à deux petits mois des élections régionales des 14 et 21 mars prochain. Le service public aura été mobilisé pour un « débat » voulu par le même qui, sous couvert d’« identité nationale », aura vu remis en selle un Le Pen à une heure de grande écoute, histoire de conforter son « cœur de cible ».

 

Hier soir, il revenait donc à TF1 de céder son début de soirée à une tentative de mobilisation en grandeur nature de son électorat de droite. Le président de la République, lui, attend avec impatience la journée de jeudi. Outre les bonnes nouvelles que pourraient lui offrir les hasards du calendrier en son jour anniversaire, son activité sera concentrée sur un sujet : la conférence des finances publiques. Comme c’est un peu ardu comme intitulé, son agenda officiel annonce la couleur, ce sera une « conférence sur le Déficit », avec un grand « D ». Le ministre du Budget a déjà sorti sa calculette. Sur le ton de l’évidence, il a lancé dimanche soir sur les ondes qu’il y aurait « 50 milliards » à économiser « sur plus de 1 000 milliards de dépenses globales » (budgets de l’État, des collectivités locales et Sécurité sociale). Sur le même ton, Éric Woerth aura ajouté que les régions, départements et communes devront « revoir le nombre de leurs fonctionnaires ».

 

Á voir comment l’éducation nationale est sacrifiée par l’État, 25 000 postes d’enseignant supprimés en 2008 et 2009, 55 000 autres d’ici à 2012, l’offensive est lancée contre la solidarité et le service public au plus près des citoyens.

Avec ce jeudi noir s’avance le super-plan d’austérité que la droite prépare pour faire payer le renflouement par des monceaux d’argent public, la crise générée par le tout-financier et, surtout, le pilonnage de l’opinion pour lui faire admettre cette « évidence ». Après l’hôpital public, La Poste, la mise en concurrence des transports ferroviaires contre la SNCF, le projet incroyable de livrer 30 % de la production d’EDF à ses concurrents privés, les vœux aux Français de l’hôte de l’Élysée se concrétisent. Lui et ses soutiens du grand patronat du Medef redessinent en profondeur les contours de la société ; tous ses atouts livrés aux appétits privés, le reste on casse, on taille, on jette, services et êtres humains compris.

 

L’autre cible est le droit à la retraite, « il y a urgence à réformer », disent sur tous les tons président, ministres et députés de la droite. Avec le soutien d’un François Bayrou qui indique par là bien dans quel camp se situe sa formation, et rejoint par tous ceux qui, à gauche même, ne conçoivent pas d’autre horizon économique que les solutions néolibérales. Il y aurait 10 milliards à trouver ? Que pèsent-ils face aux centaines d’autres qui sont allés au sauvetage des marchés financiers ? Et pourquoi pas mettre ces derniers à contribution ? 50 % des personnes interrogées dans notre sondage réalisé par l’institut CSA partagent cette option.

 

La lutte contre le chômage, l’emploi, le pouvoir d’achat figurent à des niveaux élevés, proportionnels à leur rejet de la gestion de la crise par le pouvoir actuel, dans les priorités des Français. Le président à double casquette est en campagne ? Il y a deux mois d’ici aux 14 et 21 mars pour mettre ces questions et des solutions crédibles dans un débat public qui ira bien au-delà.

Par Michel Guilloux

 

Publié dans Politique

Commenter cet article