Identité nationale

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS


Identité : Sarkozy relance les amalgames populistes

Alors que les députés ont entamé le débat sur l’identité nationale, le chef de l’État s’y est invité en publiant dans la presse une tribune ou il focalise sur la question religieuse pour flatter l’électorat de la droite catholique, intégriste et xénophobe.

Clic-clac, Kodak. Le président de la République était, hier, en déplacement électoral en Alsace, l’une des deux seules régions avec la Corse ou la droite avait maintenu ses positions en 2004. Officiellement, il s’agissait de faire le point sur le grand emprunt. Pas d’annonce. Sauf celle qui affirme qu’il tranchera sur le sujet le 14 décembre. Le scoop semble mince au regard des frais engagés sur les deniers publics pour, en réalité, venir conforter les siens dans une région ou des surprises sont attendues lors des prochaines régionales. Un voyage identique est prévu en Corse.

 

Un train peut en cacher un autre, dit-on. C’est vrai pour l’activisme présidentiel. Alors que l’Assemblée nationale devait engager dans la soirée le débat sur l’identité nationale, le chef de l’État a tenu à ravir la vedette sur ce thème en publiant dans le Monde une longue tribune, histoire de ne pas donner l’impression de lâcher définitivement le morceau : lancé à l’origine pour siphonner les voix extrémistes et rassurer son électorat populaire le plus sensible aux complaisances avec les thèses démagogiques ou réactionnaires, le sujet a paru très vite être contre-productif. Vendredi dernier, François Fillon avait paru tenter l’apaisement. L’explication de Nicolas Sarkozy traduit en apparence un même souci. Á ceci près que le président, tout en se disant favorable « au métissage » contre « le communautarisme », a choisi l’angle du vote suisse sur l’interdiction des minarets pour faire vivre un populisme paroxystique ou l’amalgame identité-immigration se focalise sur la question religieuse, pour fabuler tout aussitôt sur un autre rapprochement tout aussi inacceptable.

 

Pour Nicolas Sarkozy, « le vote suisse n’a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience ». Ajoutant : « Au lieu de vilipender les Suisses parce que leur réponse ne nous plaît pas, mieux vaut nous interroger sur ce qu’elle révèle. » Le décryptage emprunte alors un tortueux itinéraire d’ou il ressort que le vote au référendum suisse serait de même nature que le vote « non » en France lors du référendum sur la constitution européenne. Selon lui, « les peuples d’Europe sont accueillants, sont tolérants […] Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés. Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance ». Certes, on l’aura compris, le chef de l’UMP ne s’adresse pas aux « nonistes » ayant exprimé leur rejet d’une Europe capitaliste et concurrentielle, mais à ceux qui ont été alors séduits par les postures de la droite souverainistes du FN, de De Villiers (passé depuis à l’UMP), de Pasqua ou de Dupont-Aignan.

 

Nicolas Sarkozy ne désarme pas sur le front des accointances avec la droite extrême. La tactique sarkozyste repose bien sur une quête de consensus avec les xénophobes de tout poil.

Dominique Bègles

Dessin : Thibault Roy

L'Humanité

 

 



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