La justice britannique tape fort pour faire des exemples

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

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La comparution immédiate des émeutiers provoque l’engorgement des cours de justice londoniennes. Les juges se montrent très sévères vis-à-vis des inculpés, malgré les accusations de crimes mineurs.


« Mon client est étudiant en ingénierie, il passe des examens dans dix jours ainsi qu’en septembre. Il n’a jamais été condamné et il est prêt à porter un bracelet électronique, à être soumis à un couvre-feu, bref à subir n’importe quelle condition tant qu’il peut prendre part à ses examens. » L’avocat de Kaira Valentino Lawson tente d’obtenir la libération sous condition de ce garçon de 22 ans, accusé d’intention de vol : avec deux amis du même âge, assis à ses côtés, il a été arrêté par la police dans un magasin d’ordinateur saccagé un jour plus tôt. Aucun produit de ce magasin n’a été retrouvé sur eux.

 

Un autre avocat se lève. « Avec ses amis, Saffron Armstrong a voulu aller voir ce qu’il était advenu du magasin, il a voulu enquêter comme les journalistes, » explique-t-il calmement tandis que le principal intéressé regarde ses pieds. « Il a honte de ses actions. Il veut réparer le mal qui a été fait par des travaux d’aide à la communauté. Il travaille chez Marks & Spencer, il est en deuxième année de finance à l’université, il veut poursuivre sur cette lancée après une jeunesse compliquée. »

 

La mère de l’un des accusés vient d’entrer dans le box du public avec son mari. Elle attend le verdict, angoissée. « Mr Lawson et Mr Armstrong, cette cour n’a pas la capacité de vous juger car les crimes que vous avez commis sont trop graves, je vous renvoie donc vers une autre cour pour une audience le 18 septembre, » conclue la juge. « En attendant, et au regard des circonstances actuelles, je refuse de vous libérer sous condition et vous attendrez donc en prison. » Sentence identique pour le troisième larron. L’un des deux garçons baisse la tête, le regard vide, tandis que sa mère se passe les mains sur le visage pour ne pas pleurer. « Ils veulent faire des exemples, ils chargent tout le monde très durement, » grogne le père, très remonté.

 

La justice britannique a décidé de faire comparaître immédiatement toutes les personnes arrêtées autour des émeutes. Les principales cours de justice londoniennes sont donc débordées et depuis jeudi dernier la cour pénale de Westminster a dû récupérer tous les dossiers en attente. Ses juges étudient rapidement les cas afin de décider si les accusés devront ou non être renvoyés vers des cours d’assise, aux pouvoirs de condamnation plus étendus. Les appels contre la politisation des jugements ne devrait pas tarder au regard de leur sévérité : sur l’ensemble des cas passés dans la cour n°5 jusqu’en milieu de journée vendredi, seul un accusé a été libéré, tous les autres ont été envoyés en prison dans l’attente de leur procès. L’heureux élu avait été arrêté dans la foule et accusé de « mauvais comportement », sans avoir été accusé d’avoir cassé ou volé quoi que ce soit.

 

La plupart des inculpés sont blancs, comme ce dernier, ou noirs, et majoritairement masculins. Sauf à de rares exceptions, ils sont âgés de 17 ans à 25 ans, étudient ou travaillent. Certains arrivent libres, d’autres menottés. Aucun d’entre eux ne fait le fier. Et surtout pas Nicolas Robinson : ce garçon de 23 ans au casier judiciaire vierge, coupable d’avoir volé après les émeutes une bouteille d’eau dans un commerce saccagé, a été condamné à six mois de prison.

Tristan de Bourbon

 


Publié dans Monde : actualités

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