Le gouvernement refuse de parler de rigueur

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Pour le Parti socialiste en revanche, l'annonce par François Fillon d'un gel des dépenses de l'Etat pendant trois ans est "un vrai coup de bambou".

918490.jpgLe porte-parole du gouvernement Luc Chatel a expliqué vendredi 7 mai que le gouvernement ne voulait "pas de la rigueur" au lendemain de l'annonce par le Premier ministre François Fillon d'un gel des dépenses de l'Etat pendant trois ans pour lutter contre les déficits publics.

 

"Pourquoi nous ne voulons pas de la rigueur ? Parce que la rigueur c'est l'augmentation des impôts et ça pourrait briser le début de reprise que nous connaissons", a déclaré Luc Chatel sur RTL.

"En face, j'entends dire qu'il faudrait jouer sur les recettes. Donc, en clair, les socialistes, comme toujours, vont vouloir augmenter les impôts", a-t-il dénoncé.

Jeudi, le Premier ministre a annoncé que les dépenses de l'Etat seraient "gelées" pendant les trois années à venir, à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public qu'il entend toujours ramener à moins de trois pour cent en 2013.

 

Lagarde nie tout plan de rigeur

Selon Luc Chatel, cela signifie que "d'un zéro volume", où "les dépenses de l'Etat évoluent au rythme de l'inflation, nous allons passer à ce qu'on appelle le zéro valeur, c'est-à-dire que le budget de l'Etat ne va plus augmenter. Donc, en clair, il va réduire en euro du montant de l'inflation".

Il a aussi indiqué que le gouvernement allait "continuer la politique de non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite et le travail sur les niches fiscales".

 

 

Luc Chatel, qui est également ministre de l'Education nationale, s'est refusé à évoquer un gel des salaires des fonctionnaires. "Je ne peux pas le dire", a-t-il affirmé. C'est au secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, "qui est en discussion avec les syndicats", "de déterminer quelle sera l'évolution de la rémunération des fonctionnaires dans les trois prochaines années".

"Laissons quand même les discussions se tenir entre l'Etat et les partenaires sociaux", a insisté Luc Chatel, soulignant qu'"au sein d'un budget, il n'est pas interdit d'avoir des politiques spécifiques".

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a pour sa part assuré que les mesures annoncées par le gouvernement ne correspondaient "pas à un plan de rigueur".

 

"Un coup de bambou prévisible"

L'opposition voit d'un tout autre œil ces annonces.  "C'est un vrai coup de bambou qui tombe sur les Français et qui, hélas, était prévisible", a déclaré à l'AFP le porte-parole du parti socialiste Benoît Hamon.

Cela "confirme", selon lui, "la duplicité du gouvernement qui a tout fait pour expliquer que ce plan de rigueur n'en était pas un. C'est un plan de rigueur, un plan d'austérité, d'une sévérité sans précédent, qui va durer plusieurs années".

 Le député PS Claude Bartolone a quant à lui dénoncé "un nouveau tour de vis social".

"C'est une erreur actuellement de faire croire que l'on peut s'en sortir en donnant encore un coup au pouvoir d'achat des salariés, des retraités et des chômeurs", a déclaré Claude Bartolone sur France 2. "Je pense que le gouvernement devrait revenir sur les baisses fiscales qu'il a accordées pour essayer de faire face aux déficits plutôt que de donner l'impression qu'il veut redonner un nouveau tour de vis social", a ajouté le député et président du conseil général de Seine-Saint-Denis.

Il a accusé le président Nicolas Sarkozy d'avoir "mis les finances publiques dans un état épouvantable".

(Nouvelobs.com avec AFP)


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