Les suicides revus a la hausse chez france télécom

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

France Télécom a révélé avoir comptabilisé 32 suicides de salariés depuis janvier 2008, un nombre supérieur à celui jusqu’alors avancé par les syndicats.

"Sur demande de l’inspection du Travail, nous avons récemment interrogé l’ensemble des directions territoriales et régionales. Il en est ressorti un total de 32 suicides en deux ans, dont 17 en 2009. Ce chiffre a été communiqué, en toute transparence, à l’Inspection du Travail", a indiqué la direction à l’AFP.

 

"France Télécom déplore la polémique initiée par certains sur le nombre de suicides", ajoute la direction, qui souligne que "le chiffre de 25 suicides en 18 mois résulte de la communication initiée par les syndicats depuis les drames de cet été".

 

Plusieurs syndicats avaient récemment demandé à la direction de communiquer sur ce nombre, s’étonnant qu’elle n’ait pas contesté celui établi par l’Observatoire du stress, créé par Sud-PTT et la CFE-CGC.

 

Le décompte syndical était celui des suicides dont les syndicats avaient "connaissance", qu’ils aient ou non un lien avec le travail. Récemment, un 26e suicide a été comptabilisé, mais sans lien avec le travail, selon syndicats et direction.

"Notre décompte était forcément imparfait, car la collecte n’était pas exhaustive", a expliqué Sébastion Crozier (CFE-CGC), dénonçant, tout comme Patrick Ackermann (Sud-PTT), des "mensonges de la direction", qui "savait" le nombre exact.

 

Lundi, lors d’une réunion du comité paritaire chargé de piloter l’audit mené depuis septembre par le cabinet d’expertise Technologia, "la présidente du comité a annoncé que le nombre de suicides était finalement de 29", a expliqué M. Ackermann, "indigné" et totalement surpris" par le nouveau chiffre.

 

Pour la CFE-CGC, "cette révélation est très grave", car le DRH du groupe Olivier Barberot avait déclaré en septembre dans la presse que "le chiffre de suicides n’était pas supérieur aux autres années", avec 28 suicides en 2000 et 29 en 2002.

 

Certains experts ont également contesté la réalité d’une "vague de suicide" dans l’entreprise, comme René Padieu, inspecteur général honoraire de l’Insee, qui a expliqué, alors que 24 suicides avaient été recensés, qu’en 2007, "on avait pour la population d’âge d’actif (20 à 60 ans) un taux de suicide de 19,6 suicides pour 100.000 (…)", et que donc au bout du compte, "on se suicidait plutôt moins à France Télécom qu’ailleurs".

 

Mais pour la direction "une polémique n’a pas lieu d’être sur un sujet aussi grave. Un seul suicide est un suicide de trop", a-t-elle ajouté.

 

Une formule reprise par FO et la CGT. "Cela ne fait que renforcer notre détermination" dans les négociations en cours sur le stress au travail, a indiqué Christian Mathorel (CGT).

"France Télécom doit faire preuve de franchise. On ne peut jouer avec les chiffres quand il s’agit de personnes", a réagi Patrice Diochet (CFTC), tandis que Pierre Dubois (CFDT) a expliqué qu’il demanderait jeudi, lors d’un comité national d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, "un chiffre incontestable" pour "évacuer cette polémique".

 

Olivier Brenaget (FO) a espéré que Technologia, chargé notamment de mener une étude sur l’environnement de travail de chaque salarié suicidé, puisse "enfin travailler sereinement".

 

Mais directions et syndicats ont indiqué mardi que cette enquête était suspendue, "à la demande" du cabinet d’expertise, notamment à cause de la multiplication des études parallèles en cours (CHSCT, inspection du travail, caisse nationale d’assurance maladie, etc).

 

L'Humanité

 

 

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