Morbihan : Prise de parole unitaire pour la manifestation du 1er mai 2010

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

1 mai

Le premier mai représente pour tous les salariés, pour tous les travailleurs de France, d’Europe et du monde, une journée de mobilisation, d’expression des revendications et des luttes.


Le premier mai est donc la journée de mobilisation des organisations syndicales.

Partout dans le monde, à l’appel de leurs organisations syndicales, des millions de travailleurs vont se rassembler et dire leur exigence de justice sociale, de respect des droits élémentaires : droit au travail, droit du travail, à l’éducation, à la santé, à un environnement sain et décent. Les formes les plus brutales d’exploitation continuent d’exister. La mise en concurrence des travailleurs est l’obsession quotidienne d’une grande partie du patronat et des financiers.

 

Le délire financier poursuit avec cynisme ses ravages, laissant la facture aux salariés, aux citoyens. L’exemple de la Grèce est de ce point de vue, caricatural et révoltant.

 

Au lieu de racketter les citoyens grecs, que le FMI aille chercher l’argent dans la poche des banquiers et des spéculateurs ! Les politiques s’agitent, parlent de moralisation du capital. Ils oublient qu’ils ont eux même sabordé les outils législatifs qui permettaient de contrôler cette machine folle qui n’a que le profit immédiat pour horizon, ignorant la désolation sociale qu’il répand sur son passage.

 

Ce premier mai est aussi placé sous le signe d’une unité syndicale qui démontre notre volonté de lutter ensemble face à une menace commune et une situation à laquelle nous sommes tous confrontés. Elle se comprend et se situe comme le prolongement de la journée du 23 mars et une étape vers d’autres rendez-vous sociaux.

 

Emploi, salaires et pouvoir d’achat, retraites sont les trois revendications majeures que nous plaçons au cœur de cette journée.

 

La situation de l’emploi dans le pays est catastrophique. C’est un drame et un gâchis humain sans nom, alors que toute la politique gouvernementale est de servir les intérêts des plus riches de ce pays. Politique qui se caractérise par ce fameux bouclier fiscal, les exonérations de charge à hauteur de plus de 30 milliards d ‘euros, mais aussi ces fameuses niches fiscales qui privent la collectivité de plus de 130 milliards d ‘euros de recettes, donc de redistribution.

 

L’emploi est cassé quotidiennement ; autant dans les services publics (-30 000 annoncés pour 2010) que dans les entreprises privées. 680 000 emplois ont été détruits depuis 2008 et la facture est estimée à 600 milliards d’euros sur 15 ans pour le pays. La courbe du chômage suit, évidemment, celle des suppressions d’emplois. Le nombre des chômeurs de longue durée inscrits à Pôle Emploi s’est accru de 30% en un an. Nous devons tout faire pour qu’ils ne basculent pas dans l’exclusion en fin d’indemnisation.

 

Les mesures prises par le gouvernement n’ont apporté aucune réponse aux urgences sociales. Allégement de « charges patronales », suppression de la taxe professionnelle, aides massives aux banques, etc …. n’ont fait que restaurer et conforter les profits des entreprises. Le patronat en demande toujours plus. Malgré la crise, le niveau des profits des sociétés du CAC 40 a frisé la barre des 50 milliards d’euros en 2009. Les suppressions d’emplois publics, ainsi que les réorganisations forcées décidées dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) provoquent une dégradation des conditions de travail et des difficultés grandissantes pour assurer les missions de service public. Il faut stopper cette politique aveugle de suppressions d’emploi et de recours massifs aux emplois précaires. Les personnels, et la population, doivent être partie prenante des évolutions à apporter en termes de missions et d’organisation des services publics.

 

Des mesures doivent favoriser l’accès à l’emploi, en particulier pour les jeunes.

Les demandeurs d’emploi en fin de droits d’indemnisation doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour leur permettre de retrouver un emploi avec un revenu garanti. Les conditions d’accès à l’Allocation Spécifique de Solidarité et au RSA doivent être élargies.

Travailler plus, payer plus et gagner moins, c’est le constat au quotidien pour les salariés des conséquences de la politique sociale de ce gouvernement.

Les prévisionnistes nous annoncent un ralentissement de la progression du pouvoir d’achat cette année, sous l’effet notamment d’une relance de l’inflation. Elle s’établirait à 0,3% au cours du 1er trimestre 2010, contre 1,2% au second semestre.

 

Le prix du gaz lui a augmenté de 9% au 1er avril ; soit une ponction d’un milliard d’euros dans la poche des ménages en 2010. C’est donc un milliard de plus dans celle des financiers du groupe Suez qui ont fait main basse sur GDF.

Autre signe, une nouvelle liste de 170 médicaments faisant l’objet d’un déremboursement a été publiée cette semaine. La dernière note de conjoncture de l’Insee fait état d’un fléchissement de la consommation des ménages et, par ricochet, de la croissance. Les prévisions de progression de PIB (la richesse produite par l’ensemble du monde salarial de notre pays) pour les 2 premiers trimestres de l’année ont été revues à la baisse ; elles s’établiraient respectivement à 0,2% et 0,3 %.

 

L’intersyndicale revendique une augmentation générale des salaires et, en particulier, une hausse très significative du SMIC. Il est grand temps de mieux répartir de rééquilibrer au profit de travail une partie de la richesse produite.

En 30 ans, il y a en gros 120 à 170 milliards d’euros annuels qui ont ripé du travail vers le capital. Ce constat devrait s’installer au cœur du débat. Davantage d’argent pour le travail et les salaires, c’est aussi davantage de cotisations sociales, c’est davantage de cotisations pour les retraites.

 

Les retraites

Sommes-nous confrontés à des gouvernements si incompétents que la recherche de l’équilibre financier des régimes de retraites ne soit jamais atteint malgré les régressions imposées : allongement de la durée de cotisation, baisse de 20 % des pensions, décote, année de référence ? Comment cotiser davantage quand l’âge de cessation d’activité s’est abaissé d’un an depuis 2003 et que 60 % des salariés partant à la retraite en 2009 n’avaient pas travaillé en 2008 ? La campagne du gouvernement répète à l’envie que le déficit atteint 7.7 milliards en 2010 et atteindrait 25 milliards en 2020.


Mais le déficit de quoi ?

Souvent présentés de façon très alarmistes, les chiffres doivent être relativisés.

 

Le budget de la Sécurité sociale ( maladie, retraite, famille, accident du travail, dépendance) est de 540 milliards d’euros, soit 30 % du PIB. Le déficit prévu est de 25 milliards d’euros. Il se répartit ainsi : maladie 9.4 milliards, retraite 7.7 milliards, famille 2.6 milliards, accident 2.1 milliards d’euros, dépendance 3.2 milliards d’euros. A titre de comparaison, le budget de l’état est de 354 milliards d’euros pour un déficit de 174 milliards d’euros ! Le déficit de la Sécu représente 4.6 % de son budget , le déficit du budget de l’état est lui de 49 % ! ! Alors qui coule ?

 

Les manques à gagner de la Sécu sont considérables. Le dernier rapport de la cour des comptes les énumère : 

l’annulation de l’exonération des grosses successions, consentie aux personnes les plus fortunées par Nicolas Sarkozy en 2007, représente à elle seule près de 2 milliards € de pertes. • Les exonérations de charges accordées indistinctement à toutes les entreprises, représentent un volume de 30 milliards annuels €. • Le paiement immédiat et le versement au budget de la Sécurité sociale de la dette de l’état atteindrait plus de 3 milliards €.

 

L’avenir du système des retraites est d’abord dépendant des salaires, de l’emploi et du développement économique.

 

Plus de 5 millions de personnes sont écartées du marché du travail. Il suffirait qu’elles travaillent pour que la moitié au moins du problème du financement des retraites soit résolue. La question de la retraite doit rester liée à la question du l’emploi et de la rémunération du travail.

 

Pour ce gouvernement, la question des retraites, c’est un rêve de banquiers, un cauchemar de salarié.

 

Nous l’avons dit, le budget de la sécurité sociale, c’est 540 milliards d’euros. Jolie somme qui attire des convoitises !

 

D’où les attaques contre un système solidaire dont l’économie échappe en partie aux pressions et appétit des actionnaires et des financiers. L’attaque contre les retraites n’est qu’une partie du mouvement de prédation contre l’ensemble de la protection sociale qui appartient encore aux salariés.

 

L’objectif vise à déstabiliser le système par répartition fondé sur un pacte intergénérationnel. Pacte s’appuyant sur une idée simple : un objectif de retraite promis aux jeunes générations, qui de ce fait acceptent de cotiser au système. A partir du moment où les jeunes générations doutent du niveau du remplacement de leurs futures retraites, elles s’interrogent sur l’intérêt qu’elles ont à adhérer à un tel système. La voie serait ainsi ouverte à l’alternative par capitalisation Les organisations syndicales affirment leur volonté d’agir pour que le débat sur les retraites prenne en compte l’ensemble des questions tant au niveau du privé que du public, notamment le niveau des pensions, la situation actuelle de l’emploi, de l’emploi des jeunes comme de celui des séniors, la question du chômage, des salaires, le financement, la pénibilité, le code des pensions, la revalorisation des pensions et les inégalités. Elles sont d’ores et déjà d’accord pour asseoir l’ensemble des cotisations à tous les revenus (intéressement, participation, stock-options…) et revenus financiers des entreprises, ainsi que les dividendes versés aux actionnaires….

 

Les rendez-vous fixés par Sarkozy et les négociations avec le patronat doivent être l’occasion d’apporter des solutions favorables aux salariés. La situation économique et sociale nécessite l’intervention convergente des salariés du public comme du privé, des retraités, des jeunes, des privés d’emplois, pour porter avec force leurs attentes et défendre leurs intérêts communs.

 

Les seuls éléments de la réforme proposée par le gouvernement restent le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation dans un cadre budgétaire constant : ceci n’est pas acceptable !

 

Les organisations syndicales CFDT CGT FSU SOLIDAIRES et UNSA, soutenues par l’ensemble du monde salarial de notre pays, n’accepterons pas un passage en force ! Suppressions d’emplois, difficultés à trouver un travail, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, difficultés salariales, avenir des retraites sont les préoccupations des salariés.

 

Nous ne paierons pas trois fois la crise – Imposons d’autres choix !

 

 

Publié dans Actualités : Social

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