Réforme des retraites : le gouvernement a tout faux

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

IMG_5376.jpgSelon l’enquête CSA pour la CGT que nous publions, le rejet du report de l’âge à la retraite s’affirme d’autant plus fortement que grandit l’idée qu’une autre réforme des retraites est possible.

 

Dans le bras de fer qui se joue sur les retraites, les opposants à la réforme gouvernementale marquent incontes- tablement des points. C’est du moins ce que confirme un sondage réalisé par CSA pour la CGT. Chaque jour qui passe conforte l’opposition au recul de l’âge de départ. Aujourd’hui, 70 % des Français rejettent l’idée de travailler jusqu’à 62 et 67 ans. Parmi eux, une majorité absolue (52 %) affiche un désaccord total avec ces mesures, colonne vertébrale du projet gouvernemental. La proportion de désaccord est encore plus affirmée parmi les salariés. «Aujourd’hui, trois salariés sur quatre (74 %) demandent au gouvernement de reculer sur les mesures d’âge, contre 57 % il y a quelques semaines. Cela signifie que les syndicats ont marqué des points dans le débat», se réjouit Éric Aubin, responsable du secteur retraites de la CGT. À deux jours de la journée de grèves et de manifestations du 23 septembre, le principal argument du gouvernement, qui considère qu’il est «normal» de travailler plus longtemps puisque l’on vit plus vieux, est battu en brèche.
Il l’est d’autant plus que grandit l’affirmation qu’une autre réforme est possible.

 

Les Français souhaitent le débat d’idées

La CGT a commandé cette enquête afin de «tester» quelques propositions alternatives. Le résultat est éloquent. Pour les sondés, la solution aux déficits du système par répartition ne se trouve pas dans le «ravailler plus» mais dans le «travailler tous», un argument que ne cesse de marteler la CGT. Pour «rééquilibrer» les finances, la réponse la plus citée (47 %) est «l’augmentation du taux d’activité des 18-60 ans». Autrement dit, analyse Éric Aubin, «ll'dée que le financement de la retraite est d’abord lié au taux d’emploi entre 18 et 60 ans et au niveau des salaires arrive à maturité». La réforme des retraites pourrait être une occasion de desserrer l’étau d’un marché du travail occupé principalement par les 30-50 ans, dont un tiers dit souffrir du fait d’une pression sur la productivité parmi les plus fortes au monde. Après l’emploi, les sondés plébiscitent «la mise à contribution des revenus financiers» (41 %) et «l’élargissement de l’assiette des cotisations à toutes les rémunérations» (28 %).

 

Pas étonnant, dans ce cadre, que les Français souhaitent le débat d’idées. Ni «maintien de la réforme» (16 %), ni « retrait du projet» (19%), ils plébiscitent, à 63 %, «l’ouverture d’un débat national qui examine les propositions alternatives». Soixante-douze pour cent des sympathisants de FO réclament ce débat et préfèrent largement cette option à la demande de retrait du projet, qui figure pourtant au hit-parade des revendications de ce syndicat. Preuve, s’il en fallait encore une, qu’il n’y a pas, dans le mouvement d’opinion, de velléité de statu quo. D’ailleurs, ce que les sondés perçoivent de la méthode du chef de l’État, c’est un calendrier précipité, un débat confisqué et, au bout du compte, un passage en force. «Le fait que le chef de l’État se soit conduit de manière très autoritaire est en train de faire croître la colère», affirmait hier Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, sur RTL. Manière de confirmer que le vote intervenu à l’Assemblée la semaine dernière n’a pas d’effet dissuasif» sur la mobilisation.

Paule Masson L'Humanité

 

 

 

 

 


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