Risque zéro dans le nucléaire français ?

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

centrale nucleaire

 

Hier, l’audition des ministres sur la filière nucléaire a accouché de l’annonce d’un audit sur les centrales, mais pas d’un véritable débat de fond sur l’avenir de cette énergie en France.

 

Aucun risque dans les centrales françaises. C’est en substance ce qu’ont rabâché Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Énergie, lors de l’audition sur la filière nucléaire devant la commission des Affaires économiques hier à l’Assemblée nationale. Devant des députés et des experts en sécurité nucléaire, deux mots sont revenus en boucle : transparence et sécurité. Nathalie Kosciusko-Morizet insiste : « Le moindre incident de système est signalé à l’Autorité de sûreté nucléaire. » Et la ministre de l’Écologie de rappeler l’indépendance de cette agence vis-à-vis de l’État.

 

Les ministres ont ensuite annoncé la mesure phare du gouvernement, l’audit du parc nucléaire français centrale par centrale. Avec une coordination au niveau européen pour les critères d’évaluation et les stress tests. Sans plus de précision.

 

Et sans référendum citoyen. « Il y a déjà un rendez-vous électoral l’année prochaine », botte en touche Nathalie Kosciusko-Morizet. Daniel Paul, député PCF de Seine-Maritime, les interpelle : « Le secteur nucléaire doit échapper aux contraintes du système financier. » Il évoque notamment la présence de salariés « nomades », issus de la sous-traitance dans les centrales. La ministre de l’Écologie assure que l’ASN a souligné ce problème. Quant à Éric Besson, il a oublié qu’EDF est devenue une société anonyme depuis 2004. « L’exploitant EDF est public, non ? » Sa collègue lui glisse qu’il peut y avoir de la sous-traitance dans les centrales… Au final, mis à part l’irruption incongrue du député Maxime Gremetz, en pleine séance, pas de surprise. Et un quasi-statu quo sur la question de la politique nucléaire en France.

 

Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva, livre le même discours apaisant. « Nous déployons le maximum de moyens de sécurité et de sûreté. Nous avons bien évidemment à reconstruire un dialogue et une confiance sur le nucléaire. » Même topo du côté du PDG D’EDF, Henri Proglio, qui vante les normes de la France, les plus exigeantes et les plus ambitieuses du monde. Bref jamais un tel drame ne semble pouvoir se produire dans le pays…

Cécile Rousseau

 

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