Suicides à La Poste : la direction regarde ailleurs

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Á Aurillac (Cantal), un facteur de cinquante-quatre ans s’est donné la mort début mai, après avoir appris que sa tournée était supprimée. Pour ses collègues et sa famille, la cause de ce suicide est à chercher dans le démantèlement du service public. Extrait.

Il avait plus de trente années de poste dans les pattes. Á cinquante-quatre ans, Jean-Pierre était facteur à Aurillac dans le Cantal. Tous ses collègues, ses amis, sa famille en témoignent : c’était un gars respecté, bien noté par sa hiérarchie, irréprochable dans le boulot. Un fonctionnaire qui, à l’époque, avait réussi les concours de l’administration des PTT, qui, de ce fait, comme tant d’autres postiers, avait dû quitter ses terres natales pour prendre ses quartiers un temps à la capitale, avant de revenir au pays. Un monsieur qui, il y a trente ans, avait fait le choix du service public, malgré des salaires largement inférieurs à ceux proposés dans le privé. Un discret, un taiseux, même pas syndiqué ni militant, prêt à aider les copains en cas de pépin, mais refusant qu’on lui rende la pareille. C’était un facteur engagé dans son travail, attaché à « sa » tournée. Il avait plus de trente ans de poste dans les pattes, il s’est pendu le 4 mai dernier pendant la pause déjeuner à son domicile.

Quand il a appris en octobre 2009 que, dans une énième restructuration de la distribution, c’était sa tournée qui était supprimée, Jean-Pierre a d’abord sombré dans la dépression. Il a été arrêté pendant huit mois. Mais, comme en témoigne son fils dans une lettre, digne et accablée, adressée aux collègues de travail de son père que l’Humanité publie, il se sentait, début mai, capable de reprendre le boulot à temps plein, de « relever ce nouveau défi » (…)

Dans le Cantal comme dans toute la France, la direction de La Poste, transformée en société anonyme, paraît, à l’instar de celle de France Télécom pendant si longtemps, décidée à faire la sourde oreille face à la souffrance engendrée par les restructurations perpétuelles. Alors que, par la voix du fils de Jean-Pierre, la famille est extrêmement explicite sur le lien à établir entre la dégradation de ses conditions de travail et la disparition de leur proche (« Toute une famille paie les incompétences de gens qui ne respectent pas leurs salariés », écrit-il), les facteurs d’Aurillac refusent le chantage au silence et le déni de la direction de La Poste (…)

Thomas Lemahieu

Dans l’Humanité de vendredi,  enquête complète.

 

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Malgé déjà tous les suicides, la Poste fait toujours la Sourde oreille.

En effet depuis presqu'un an, je fais l’objet de harcèlement et d’une mise « au placard » au sein de mon travail à La Poste... > Le commentaire

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GALLOT 06/06/2010 18:36



Malgé déjà tous les suicides, la Poste fait toujours la Sourde oreille.


En effet depuis presqu'un an, je fais l’objet de harcèlement et d’une mise « au placard » au sein de mon travail à La
Poste.


J’ai 52 ans et je travaille à la Poste depuis 36 ans. Durant toutes ces années J’ai eu  un parcours professionnel exemplaire et irréprochable. Depuis septembre 2009, je ne cesse de subir des pressions sachant que mes conditions de travail et moral
se sont considérablement dégradées. Malgré mes bons et loyaux  services dédiés à la Poste, force est de constater que maintenant je suis un élément
devenu indésirable à la télévente où j’exerce la fonction de superviseur télévente. Petit à petit on m’a dépouillé de l’ensemble des attributions liées à ma fonction de superviseur télévente. Je
dois faire face au mépris de mes responsables hiérarchiques, et supporter leurs humiliations. Je n'ai plus droit aux formations données par mon entraineur des ventes qui me dit que je ne fais
plus partie de son périmètre de compétence et mon directeur me dit que je n'ai plus les compétences pour être cadre. Je suis discrédité face à mes collègues de travail et je me sens bien seul. Ma
hiérarchie n'hésite pas à bafouer les règles en vigueur à La Poste pour arriver à me faire craquer. Ma situation financière se dégrade, mon avenir professionnel est compromis et ma situation
physique et psychologique se détériore de jour en jour. Plusieurs conciliations avec le responsable syndical Sud et représentant du CHSCT de la télévente sont restées sans issue. J'en suis
maintenant à entreprendre une action judiciaire pour respecter mon honneur et mes droits.


Je tiens à votre disposition le recours de mon avocat transmis à Monsieur Drillet directeur national de la télévente à
Paris.


 


Jacques GALLOT


01 48 45 69 38