UNE PLANETE ET DES HOMMES

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Notre-Dame-des-Landes est-il le meilleur endroit pour monter aux cieux ? Depuis quelques semaines, les opposants à ce projet de nouvel aéroport redoublent d’activité pour tenter d’obtenir son abandon. Après l’échec de leur rassemblement estival sur le site du futur équipement situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Nantes, qui n’a rassemblé, selon la presse locale, que quelques centaines de participants contre plusieurs milliers attendus, ils ont récemment tenté de bloquer des sondages du sous-sol effectués dans le cadre d’une étude géologique. Le débat sur ce futur aéroport interrégional qui oppose des associations écologistes, des partis politiques comme les Verts, le Modem et le Parti de gauche à l’État et aux collectivités locales, majoritairement gérées par la gauche, se déroule sur fond de fausses insinuations. Certains ont, par exemple, prétendu qu’il s’agissait de construire « un deuxième aéroport » alors qu’il s’agit en fait du transfert, avant sa fermeture en 2015, de celui de Nantes-Atlantique. Difficile, dans ce contexte, pour la population de se faire une opinion.

Selon les opposants, le transfert est « inutile ». Responsable de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (ACIPA), Dominique Fresneau raille « les ambitions pharaoniques du maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault ». Le militant soutient que l’actuel aéroport n’accueille que 2,8 millions de passagers par an alors que sa capacité est de 4 millions. Une réalité non contestée par les élus locaux mais ceux-ci soulignent que l’essor démographique des régions concernées (Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes), dont l’attractivité économique ne cesse de se renforcer, conduira

rapidement à la saturation de l’actuelle infrastructure. Ainsi, « l’INSEE prévoit un taux de croissance de 16 % par an pour la seule communauté d’agglomération de Nantes Métropole qui compte déjà 600 000 habitants », note, Gilles Bontemps, vice-président PCF aux transports de la région Pays de la Loire. L’élu fait aussi valoir les enjeux de sécurité et de nuisances sonores auxquels doit permettre de répondre le transfert de l’aéroport. « Chaque année, 10 000 avions survolent à basse altitude des zones densément peuplées. Cela pose des problèmes de sécurité. Aujourd’hui 24 000 personnes sont également victimes de nuisances sonores. Quand les 4 millions de voyageurs seront atteints, elles seront 84 000. Notre-Dame-des-Landes est conçu de telle manière qu’aucun bourg ne sera survolé. Et même si la capacité de 9 millions de voyageurs du site est un jour atteinte, jamais plus de 2 700 personnes ne seront concernées par le bruit. » Pour l’élu, la « solution alternative » de construction d’une piste orientée est-ouest sur l’aéroport Nantes-Atlantique n’est « pas viable ». Sans compter qu’elle ne répond pas au problème à venir de saturation, « elle ne résout rien des questions de sécurité et de nuisance. Les avions continueraient se survoler l’agglomération et en particulier un lycée et deux collèges qui se trouveront sur la trajectoire de décollage et d’atterrissage ».

Les arguments sur l’impact environnemental sont également rejetés par les collectivités locales. « Cet aéroport sera le premier de France à bénéficier du label haute qualité environnementale », rappellent-elles. Traitement des rejets du site, prélèvement et réintroduction de la faune dans des zones préservées figurent parmi les mesures de préservation. Un accord conclu avec la chambre d’agriculture prévoit que les exploitations concernées seront indemnisées et réimplantées à proximité. Du côté du conseil général de Loire-Atlantique, on fait savoir son « agacement d’être désigné comme des bétonneurs » alors que « le site représente moins de 0,1 % de la surface agricole ou rurale du département ». Les élus rappellent aussi que « la fermeture de l’actuel aéroport permettra de contenir l’étalement urbain de Nantes Métropole en libérant 300 hectares ».

Plus généralement, l’ACIPA et les opposants estiment que la crise environnementale mondiale se suffit à elle-même pour légitimer un abandon du projet. Cette affirmation laisse les élus perplexes. Ainsi Gilles Bontemps estime que « si la crise environnementale interroge légitimement notre mode de développement, elle ne doit pas pour autant conduire à remettre en cause le principe même de développement ».

Pierre-Henri Lab

 

 

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