USA - Les représentants adoptent la réforme de la santé

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

La Chambre des représentants a voté samedi en faveur d’une réforme du système de santé américain sans précédent depuis plus de quarante ans.

Le texte a été adopté de justesse, par 220 voix contre 215. Ce résultat constitue un succès politique majeur pour le président Barack Obama, qui a fait de cette réforme l’un des grands objectifs de son mandat.

Une majorité de 218 voix était requise pour valider le projet, qui propose un bouleversement sans précédent pour la couverture médicale aux Etats-Unis depuis l’introduction du programme Medicare en faveur des personnes âgées en 1965.

La bataille parlementaire va désormais se focaliser au Sénat qui débat de sa propre version du texte.

Les négociations sont menées par le chef de la majorité démocrate Harry Reid, qui s’efforce de trouver un compromis pour recueillir les voix de 60 sénateurs et éviter ainsi les manoeuvres d’obstruction des républicains.

Les textes des deux chambres du Congrès devront ensuite être réunis en un seul avant un nouveau vote et la promulgation par Barack Obama.

Soulignant l’importance de l’enjeu, le président s’est rendu lui-même au Capitole pour exhorter les représentants à "se montrer à la hauteur du moment".

Le Parti démocrate dispose certes d’une large majorité de 258 représentants, mais une trentaine d’entre eux avaient déclaré publiquement qu’ils voteraient contre.

Au final, 39 démocrates se sont rangés dans l’opposition aux côtés des républicains, alors qu’un élu républicain a voté pour.

Ces démocrates dits modérés s’inquiètent notamment du coût de la réforme, estimée à 1.100 milliards de dollars sur dix ans, et de son impact potentiel sur les déficits budgétaires.


AMENDEMENT ANTI-AVORTEMENT

L’avortement était aussi au centre du débat qui agite les rangs démocrates. Dans la nuit de vendredi à samedi, des discussions se sont déroulées à ce sujet dans le bureau de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et ont abouti à un compromis permettant aux parlementaires inquiets, qui menaçaient de rejeter le projet de loi, de défendre un amendement restreignant l’usage de fonds fédéraux à des fins d’IVG.

L’amendement a été adopté par 240 voix contre 194, des républicains s’étant joints aux démocrates anti-avortement.

La contre-proposition de réforme de la santé présentée par les républicains, d’ampleur bien plus limitée que le plan démocrate, a été rejetée par 258 voix contre 176.

En s’attaquant à ce chantier, que Bill Clinton avait ouvert au début de son premier mandat en 1993 avant de devoir jeter l’éponge, Barack Obama entend réduire les coûts de la santé, qui ont représenté 16% du PIB en 2007, un taux sans équivalent parmi les pays de l’OCDE.

Il veut aussi étendre l’assurance maladie à ceux qui en sont actuellement privés et modifier les pratiques des compagnies d’assurance en leur interdisant notamment de refuser de couvrir des personnes à risque.

D’après les spécialistes budgétaires du Congrès, sa mise en oeuvre étendrait la couverture maladie à 36 des quelque 47 millions de personnes actuellement démunies d’assurance santé aux Etats-Unis. Elle réduirait aussi le déficit budgétaire d’une centaine de milliards de dollars sur dix ans.

Les républicains ont rejeté un projet qui, disent-ils, coûtera excessivement cher, imposera de nouveaux impôts aux plus riches et permettra au gouvernement fédéral d’exercer un contrôle indû sur la santé publique.

 

 


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