Val-d'Oise : des gendarmes fliquent les instits en grève

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Par Camille Garcia | rue89 | 15/09/2010 | 17H43

Une marelle à Toronto (Duchamp/Flickr)

 

Mardi 7 septembre, des gendarmes de la brigade d'Auvers-sur-Oise se présentent dans quatre écoles élémentaires de la commune d'Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise). C'est jour de grève nationale, et les pandores viennent relever le nombre d'enseignants grévistes.

 

La même scène se rejoue dans quatre autres communes de ce département. Une pratique, sinon illégale, à tout le moins non prévue par la loi, qui scandalise syndicats et élus de gauche. Et qui vient s'ajouter aux interventions « inédites » des forces de l'ordre dans les enceintes scolaires.

 

Des enseignants « choqués »


Dalila Moro, directrice de l'école élémentaire Vavasseur d'Auvers-sur-Oise, raconte :

 

« Les gendarmes sont arrivés vers 8h50 dans la cour de l'école. Nous avons de bonnes relations avec eux, ils viennent souvent pour intervenir sur la sécurité routière. »

 

Quand ils lui expliquent la raison de leur venue, elle refuse « d'obtempérer » :

 

« Ils n'ont pas insisté et sont repartis. A aucun moment ils n'ont fait preuve d'agressivité. »

 

D'autres enseignants, eux, ont lâché les informations et le regrettent.

 

Laurence Béré, directrice de l'école Les Aunaies à Auvers, raconte :

 

« Deux jeunes gendarmes sont arrivés dans la matinée. Ils n'avaient pas l'air très à l'aise, ils m'ont demandé le nombre de grévistes. J'ai été prise de court et j'ai répondu “aucun”. Mais j'ai refusé d'indiquer qui faisait grève parmi le personnel municipal. »

 

Ce n'est que plus tard, en discutant avec ses collègues, que la directrice réalise l'anormalité de la situation : « On était tous choqués. »

 

Les enseignants informent aussitôt leur supérieur hiérarchique, l'inspecteur de circonscription de Saint-Ouen, Philippe Mauget, qui en réfère à l'inspecteur académique. D'autres enseignants préviennent, eux, les syndicats.

 

Des communes victimes d'« enquêtes » de gendarmerie

 

« Il n'y a pas que Auvers-sur-Oise ! » révèle le secrétaire départemental du SNUipp-FSU Val-d'Oise. Kamel Ould-Bouali a été averti de la venue de gendarmes dans les écoles d'au moins quatre communes du Val-d'Oise : Jouy-le-Moutier, Auvers-sur-Oise, justeà côé Méry-sur-Oise, Ecouen et Ezanville. Il se déclare « très étonné par cette démarche qui ne rentre pas dans le cadre légal des missions de gendarmerie ».

 

A Jouy-le-Moutier, le maire Gilbert Marsac explique que les gendarmes se sont adressés aux services scolaires de la municipalité pour connaître le nombre de grévistes, mais ne se sont pas rendus dans les écoles, « malgré la consigne qu'ils avaient reçue. »

 

Les directeurs et directrices d'école doivent-ils communiquer des informations, relatives à un mouvement social, aux services de police ou de gendarmerie ? Non, aucune, selon les syndicats.

 

 La suite...

 

 

 

Publié dans Libertés

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