Hôpital : l'obsession tragique de la rentabilité

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Vieillissement de la population, prévention, maladies chroniques, assurances maladies, franchises médicales, complémentaires santé, démographie médicale, secteur optionnel pour les médecins…, Nicolas Sarkozy, dans son discours prononcé à Bletterans, le 18 septembre, a ratissé large.
L'hôpital a été particulièrement ciblé dans dans les propos du chef de l'État. D'ailleurs, le projet de loi dont ce discours traçait les grandes lignes, initialement appelé "patients, santé, territoires", ne s'est-il pas vu ajourné  en tête de l'intitulé le mot "hôpital" ?

En abordant ce volet par la demande d'évaluation des hôpitaux publics à partir de leur taux de mortalité et d'infections, sarkozy a touché un point sensible chez les usagers. Mais en indiquant que des "sites hospitaliers doivent se réorienter vers la prise en charge du grand âge ou du handicap adulte", en prônant un interéressement du personnel lié aux bons résultats financiers de l'établissement, en assénant : "Je veux que les situations de déficit ne soient plus tolérées", il montre l'étendue de ses contradictions. En effet, comment à la fois prendre en charge les plus âgés et les plus malades, fonctionner comme une entreprise capitaliste et ne plus être en déficit?

Médecin urgentiste au SAMU 93 (Seine-Saint-Denis) et responsable du secteur médical de la CGT, Christophe Prudhomme dénonce "une accroche populiste avec des annonces peu scientifiques" : "Vouloir évaluer les hôpitaux sur le taux de mortalité. C'est encourager les médecins à renvoyer les malades mourir à la maison, ou à refuser les patients les plus lourds, comme le font les cliniques privées".

Sarkozy a prétendu que l'hôpital représentait 64 % des dépenses se soins. "Or, dans un numéro récent du service  statistique du ministère de la Santé (DRESS), la part de l'hôpital public dans la consommation des biens médicaux est évaluée à 34 %, relève le Dr Prudhomme. Cette part a diminué depuis plusieurs années, alors que les parts de l'hospitalisation privée à but lucratif et celle de l'industrie pharmaceutique ont augmenté. On focalise la necessité d'économies sur l'hô^pital alors que celui-ci souffre justement de l'insuffisance de ses crédits." Et  d'indiquer qu'à l'hôpital de Bobigny, où il exerce, les chefs de pôle ont refusé de signé leur contrats avec la direction, en considérant qu'on ne leur donnait pas les moyens de remplir les missions fixées. Actuellement 80 % des hôpitaux et 29 % des 31 CHU sont en déficit.
Si on ne tolère plus cette situation, s'apprête t'on à les fermer? Pour le docteur Prudhomme il s'agit d'une machine infernale : "ils savent très bien que l'hôpital auquel on laisse les cas les plus lourds ne peut fonctionner comme une entreprise. Au final, on dira : vous voyez, les hôpitaux sont toujours déficitaires, et on en fermera un maximum".

Mais où iront les plus malades et les plus démunis? Face à cette menace qui augmente rapidement, de nombreux hospitaliers comme ceux qui ont kance l'appel "Sauver l'hôpital public" se mobllisent. Cette mobilisation doit s'étendre aux non-professionnels. Dans ce but, la CGT santé qui a tenu une conférence de presse la semaine drenière sur le "projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires", compte multiplier les initiatives avec la population, les associations, les élus, et avec les mouvements comme la Coordination des comités de défense des hôpitaux de proximité ou Collectifs contre les franchises"

Jacqueline de Grandmaison - HD
Dessin Chimilus






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