Forte mobilisation des magistrats contre Rachida Dati

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Les magistrats ont dénoncé la "politique du coup d’éclat permanent" de la ministre de la Justice, à l’occasion d’une journée de mobilisation nationale rare, le mouvement rassemblant l’ensemble des acteurs du monde judiciaire : juges, avocats, greffiers, gardiens de prison ou personnels de la protection judiciaire de la jeunesse.


A travers une série de défilés et de rassemblements dans les grandes villes, ils ont voulu exprimer "le malaise sans précédent" de la profession et dénoncer ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de l’indépendance des magistrats.

  • "La justice va mal depuis longtemps, tout n’est pas de la faute de Rachida Dati évidemment, mais son action depuis 18 mois est absolument catastrophique", a déclaré Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats, majoritaire.

Lors d’une conférence de presse au palais de Justice de Paris, il a dénoncé sa "politique du coup d’éclat permanent et du coup médiatique pour complaire à l’opinion publique" qui ne peut pas "constituer une politique pénale".

Il a également déploré une "politique menée sans moyens", rappelant que la France est le 35e pays sur 47 en Europe pour le budget de la justice par habitant.

  • Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature, a souligné les incohérences d’une politique "contraire aux buts qu’elle affiche". "Si dans ce pays, il s’agit véritablement de lutter contre la récidive et contre toutes les formes de délinquance, on s’y prend à l’envers car la politique qui est menée c’est une politique d’exclusion, de systématisation de l’enfermement", a-t-elle expliqué.
Les deux principaux syndicats reçus vendredi

La ministre a joué l’apaisement en assurant mercredi avoir entendu le "malaise" des magistrats lors d’un déplacement à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) à Bordeaux.

  • Près de 300 magistrats, avocats et personnels de justice se sont rassemblées sur les marches du palais de justice de Paris.
  • A Toulouse, ils étaient une centaine de magistrats devant la cour d’appel, rejoints par une dizaine d’avocats du barreau de la ville, tandis qu’à Bordeaux, 250 personnes se sont rassemblées pendant une demi-heure dans la salle des pas perdus du tribunal de grande instance.
  • "Le malaise est profond. On attend une réflexion en profondeur et non une surmédiatisation à outrance", a déclaré Véronique Noclain, vice-présidente du tribunal de grande instance de Marseille, où se sont réunis une centaine de magistrats et des représentants des avocats, de la protection judiciaire de la jeunesse et des salariés du greffe.
  • A Nancy, entre 100 et 150 magistrats et avocats, ont échangé jeudi devant le tribunal de grande instance de Nancy des codes civils contre des boules de cristal, arguant que la ministre de la Justice Rachida Dati ne leur demandait plus de lire le droit mais de prévoir l’avenir…
  • Les syndicats ont menacé de poursuivre leur mouvement s’ils n’étaient pas entendus par la ministre et n’ont pas exclu d’avoir recours cette fois à la grève.




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Publié dans Actualités

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