Hold-up sur les déchets ménagers
Lors de la discution de la loi Grenelle 1 à l'Assemblée nationale, les députés ont adopté en catamini un amendement qui prévoit que, d'ici dix ans, les ménages paieront en fonction de la quantité de déchets produits, avalisant ainsi l'une des quarantes propositions du livre verts d'Eco-Emballages (proposition n° 5); cela revient à généraliser la redevance incitative selon le slogan "moins de déchets, plus de pouvoir d'achat". Si l'intention semble louable, cette mesure en faveur de l'environnement ne concerne en réalité qu'un maillon de la chaîne de pollution. Le plus faible de surcroît !Les déchets ménagers ne représentent, en effet, que 4 % de l'ensemble des déchets, loin, très loin derrière l'industrie et l'agriculture.
En outre, force est de constater que, malgré le financement des projets dans le domaine, les déchets sont peu prisés par la recherche et les compétences restent éparpillées dans les laboratoires français. De plus si ce dispositif testé en Alsace a limité la masse annuelle d'ordures par habitant, il n'a pas permis une réduction du volume global de la production de déchets, qui n'a cessé d'augmenter en Alsace comme ailleurs. Pis, les dépôts sauvages se multiplient dans la région au grand dam des élus locaux.
Enfin, cette redevance d'inspiration libérale sanctionne particulièrement les familles nombreuses et les ménages les plus modestes puisqu'elle facture les usagers en fonction de la masse de déchets qu'ils produisent. Par conséquent l'extention de cette nouvelle taxe est autant inique qu'inefficace pour l'environnement.
Les parlementaires socialistes l'ont, pourtant, votée sous les applaudissements de leurs collègues UMP…
Publicité