Le grand prix du cynisme 2008

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS


DE L'HUMANITE DIMANCHE

Le "cynisme, c'est connaître le prix de tout et la valeur de rien !" disait Oscar Wide.
Une définition qui s'applique parfaitement à l'ensemble des nominés à ce grand prix du cynisme 2008. le choix des lauréats n'a pas été chose aisée, tant les différents sélectionnés méritaient tous de grimper sur la plus haute marche du podium. Le fait marquant de cette sélection touche bien sûr à la crise économique provoquée par le capitalisme, qui enfonce des peuples entiers dans les difficultés. Pendant ce temps, on nous parle de "moralisation" du système à coups de centaines de milliards de dollars ou d'euros, on rassure les actionnaires en licenciant à tour de bras pour garantir les dividendes des actionnaires, on s'accorde des parachutes dorés à plusieurs millions d'euros entre patrons Comme l'écrivait George Orwell : "Lorsqu'on voit des gens très instruits contemplant sans broncher l'oppresion et la persécution, on ne sait ce qu'il faut mépriser le plus de leur cynisme ou de leur aveuglement."

TOUTES CATEGORIES

Bush et Sarkozy
Pour l'ensemble de leur oeuvre 2008

On ne pouvait manquer d'évoquer dans ces pages George Bush et Nicolas Sarkozy, parrains bienveillants de ce grand prix du cynisme 2008. Mais, à l'image de  Lyon en Ligue 1 de football ou de Michael Jordan en basket-ball et en son temps, les deux présidents dominent tellement la catégorie qui fait l'objet de ce prix qu'ils ne pouvaient figurer parmi la masse des prétendants.
L'ensemble de leur oeuvre les place bien évidemment au-dessus de cette mêlée de phrases assassines et de coups tordus en tous genres. Car, pour ces deux pourfendeurs de la dignité humaine, retenir simplement l'année 2008 n'aurait fait que trahir un projet de longue haleine et qui dépasse largement le cadre de la crise, fait marquant de cette "annus horribilis" pour les salariés du monde entier. Pendant huit ans, le premier a façonnéle monde par le prsime de sa vision manichéenne de l'axe du Bien et du Mal. Quant au second, il s'évertue à dessiner une société qui tend à exclure les plus fragiles. Cela méritait bien une mention spéciale du jury.


MONDE. INDUSTRIELS

VAINQUEUR
Allen Mulally
PDG de Ford

Avec 1 dollar, il a essayé d'en faire oublier 28 millions
Un dollar symbolique.
C'est ce qu'Allen Mulally s'est engagé à toucher par an dans le cadre d'un plan de restructuration présenté au Congrès en contrepartie duquel le gouvernement a octroyé 9 milliards de dollars (7 millions d'euros) de crédits à Ford. On pourrait presque verser une petite larme si ce dernier n'avait pas perçu la modique somme de 28 millions de dollars (21 millions d'euros) de revenus en 2007. Largement de quoi voir venir.

Wendelin Wiedeking, PATRON PORSHE

Veut faire pleurer de joie ses actionnaires
"Je suis sûr que nous allons de nouveau donner une raison à nos actionnaires d'avoir des larmes de joie dans les yeux". Alors que partout dans le monde des plans de licenciements fleurissent dans le secteur de l'automobile et qu'il a lui-même annoncé une baisse de la production pour décembre 2008 et janvier 2009, Wendelin Wiedeking se félicite des 7 milliards d'euros de bénéfice réalisé par sa société.

Walter Mack, PATRON DE PEPSI

Un classique : il fait des bénéfices et licencie
Le 14 octobre, le concurrent de Coca-Cola déclarait qu'il s'apprêtait à licencier 3 300 salariés de l'entreprise dans le monde en raison d'une baisse de 9,5% de ses profits au troisième trimestre. Argument classique surtout en période de crise. Sauf que, malgré tout, Pepsi a dégagé un bénéfice de 1,58 milliards et a réalisé un chiffre d'affaires de 11,2 milliards contre 10,17 milliards voilà un an.

MONDE. POLITIQUES

VAINQUEUR
Lech Walesa

Pour avoir félicité le roi Abdallah
"L'Institut reconnaît ses efforts pour le dialogue entre les religions, la promotion de la tolérance et de la compréhension entre les cultures".
Le roi saoudien Abdallah a dû croire à une blague en recevant le prix de l'Institut Lech Walesa censé faire rayonner "les valeurs de Solidarnosc". Pour mémoire, l'Arabie Saoudite, pays du wahhabisme, pratique un des islams les plus radicaux au monde.

Silvio Berlusconi 

Avec lui, l'humour est toujours noir et de mauvais goût
"Il est beau, jeune et bronzé;" L'ensemble des déclarations déplacées de Silvio Berlusconi mériteraient à elles seules, un concours de cynisme.
Avec cette "plaisanterie" sur Barack Obama, il a dépassé les limites de l'acceptable. Pire , quelques jours plus tard, il insiste : "Nous aimerions tous être bronzés comme Naomi Campbell ou Obama." A croire que c'est le mot noir qui dérange il Cavaliere.

José Angel Gurria, SECRETAIRE GENERAL DE L'OCDE
Souffle sur les braises de la souffrance sociale

Conseil de l'institution de coopération et du développement économique à l'Espagne pour surmonter la crise : diminuer la protection  des salariés et limiter la hausse des salaires. Soit José Angel Gurria est un révolutionnaire qui s'ignore et souhaite que le vent de révolte qui souffle sur la Grèce se propage en Espagne, soit c'est du cynisme à l'état pur. La deuxième version semble plus sensée.

Henri Paulson
Verse 700 milliards pour sauver son système préféré

"Le capitalisme cru mène à l'impasse". Dans le magazine "Fortune", l'auteur du fameux plan de sauvetage de l'économie américaine de 700 milliards d'euros feint de découvrir les limites du système qu'il a pourtant prôné à la tête du Trésor.
Réveil tardif pour celui qui déclarait en août 2007 à propos du système économiqueaméricain : "c'est de loin l'économie mondiale la plus robuste que j'ai connue."

MONDE. BANQUIERS

VAINQUEUR
Bernard Madoff
Ex-patron du NASDAQ et plus grand escroc de l'année

Ayant dépouillé les grandes fortunes de ce monde, l'embrouille de cet ancien patron de la Bourse des valeurs technologiques aurait tout bonnement pu sourire dans les couloirs de "l'HD". Mais chez ces gens-là (banquiers, hommes "d'affaires" et autres patrons), quand on a trop perdu d'argent, on va invariablement se renflouer dans les mêmes poches : celles de l'Etat, de ses services publics et de celles des travailleurs du monde.
Pour cela donc, Bernard Madoff mérite la palme du cynisme de ceux qui tirent leur richesse de l'exploitation de la pauvreté du monde.


John Thain,
PDG DE MERRILL LYNCH
A essayé de partir avec 7 millions d'euros en pleine débandade
Bon prince, le PDG de Merrill Lynch annonçait, début décembre, qu'il renonçait de lui-même à son bonus de départ de 6,9 millions d'euros.
Pourtant, quelques semaines plus tôt, il a présenté lui-même au conseil d'administration de la banque d'affaires les grandes qualités au nom desquelles on pouvait lui verser une telle somme. Une argumentation bien mince face aux 6,9 milliards d'euros que le contribuable américain a mis dans les caisses de Merril Lynch en 2008 Bien essayé , John !

Marcel Ospel, ANCIEN DIRIGEANT DE LA BANQUE SUISSE UBS
A remboursé 14 millions d'euros Après e,n avoir ramassé 30 millions !
Réclamer 41,9 milliards d'euros à l'Etat pour sauver une banque dont on est responsable du naufrage et s'envoler avec un parachute doré de plusieurs dizaines de millions d'euros... cela semblait logique à Marcel Ospel. Ce n'est d'ailleurs que sous la pression des actionnaires, des pouvoirs publics et de l'opinion publique, qu'il a du rendre 14,2 millions d'euros de son parachute doré. Une broutille, ont révélécertains médias suisse qui ont calculé qu'il avait empoché près de 30 millions en bonus depuis 2005.

John Paulson, GERANT DE FONDS D'INVESTISSEMENT
Il est le roi des profiteurs de la crise
Dans les milieux financiers américains, on le surnomme déjà le "sultan des subprimes". Présidant dès 2006 une crise immobilière aux Etats-Unis, il a spéculé à l'avance sur cet effondrement qui a mis à ola rue des millions de foyers américazins. Une réussite, selon ceux qui voient en lui "le nouveau Warren Buffett", puisqu'il aurait empoché plus de 2 milliards d'euros de commission en un an. Une manne à laquelle il est aujourd'hui le roi du paysage d'actifs dévalorisés...

FRANCE, PATRONS

VAINQUEUR
Laurence Parisot
Présidente du MEDEF
La maîtresse qui ne donne jamais de punition !
Les "excès" des dirigeants du CAC 40 ne sont plus "tolérables". Lorence Parisot a trouvé la solution : le code de bonne conduite patronale.
Parmi les recommandations : "l'interdiction pour un dirigeant qui a échoué de toucher une indemnité de départ". En guise de contrainte, la patronne des patrons compte sur la moralité du monde dirigeant. Et s'ils n'obéissent pas, elle leur promet... des remontrances, un jour, peut-être. Une telle sévérité méritait bien la palme d'or.




Carlos Ghosn, PDG DE RENAULT
Rackette l'Etat après avoir vidé les poches des salariés
"Les destructions d'emplois seront massives dans les pays qui n'aideront rapidement le secteur auto à se financer (...) Cela ne se verra pas immédiatement, mais dans quelques années."
Ghantage à l'emploi pour le PDG de chez Renault, Carlos Ghosn, qui, après avoir récolté, au premier semestre 2008, un bénéfice de 865 millions d'euros, en augmentation de 19,8%, appelle à l'aide publique.
Les salariés touchés par les 4000 supprressions d'emplois programmés par le groupe apprécieront.

Christian Streiff, PDG DE PSA
N'a jamais exclu de se faire du pognon...
"En temps qu'industriel, on ne peut jamais exclure de devoir fermer un site si les conditions l'imposent", a déclaré Christian Streiff dans le "Financial Times". Après avoir mis cinq des ses sites français au chômage technique, programmé la destruction de 3550 emplois, applaudi le déblocage d'aides publiques, le nouveau patron de PSA n'exclut pas d'autres mesures pour assumer les profits de ses actionnaires.

Thierry Morin, PDG DE VALEO
Saborde l'emploi mais réussi en Bourse
"S'adapter à la conjoncture afin de maintenir sa compétitivité (...)". C'est ainsi que le PDG de Valéo, Thierry Morin, a expliqué le choix de supprimer 5000 emplois, dont 1600 en France. Alors que le groupe envisage des marges opérationnelles positives pour 2008. Il fait le choix de compresser le coût du travail pour maintenir ses profits. Conclusion : après ces annonces, le titre gagnait en Bourse plus de 5,22%.

Charles Milhaud, ANCIEN PRESIDENT DU DIRECTOIRE DE LA CAISSE D'EPARGNE
Un homme qui n'aime pas l'argent mais qui l'empoche quand même
"Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un homme d'argent", a lancé le président démissionnaire du directoire de la Caisse d'épargne. Est-ce à son insu que sa rémunération annuelle est passée de 514 000 euros à 1584 000 en 2007 ? Non content d'avoir embarqué la Caisse d'épargne dans la tourmente d'une crise où elle a perdu 751 millions d'euros et ses clients dans la mésaventure Natixix, Charles Milhaud est donc parti... en se fichant de notre tête !

Daniel Bouton, PDG DE LA SOCIETE GENERALE
Ce n'est pas parce que c'est la crise qu'on ne doit pas faire des affaires...
Si le patron de la Société Générale n'avait rien vu au manège du trader Jérôme Kerviel, qui a coûté 4,82 milliards d'euros à la banque, n'allez pas croire qu'il soit pour autant maladroit avec l'argent. En 2006, s'offrant une augmentation de salaire de 25%, il est devenu , avec 3,3 millions de revenus annuels, le deuxième patron français le mieux payé. Cette année, en pleine tempête financière, Daniel Bouton a pris le temps de s'occuper de ses propres économies : jouant avec ses stock-options, il a réalisé une plus-value de 1,3 million d'euros. Chapeau Monsieur Bouton !




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Publié dans Grand prix

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