Jégo quitte la Guadeloupe à la surprise générale

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

ANTILLES

Yves Jégo doit rencontrer ce lundi à Paris le Premier ministre, alors qu'un pré-accord sur une augmentation des salaires était toujours en cours de négociation sur l'île des Antilles. Son départ est mal-perçu sur place.

Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo

Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo

(c) Reuters
L'incompréhension régnait en Guadeloupe dimanche 8 février au soir. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer a pris la direction de Paris dimanche en fin d'après-midi, alors que les négociations concernant un pré-accord sur une augmentation des salaires devaient reprendre au même moment, a expliqué à l'Associated Press Olivier Nicolas, directeur de la communication du conseil régional.
A la surprise générale, Yves Jégo a pris l'avion et doit arriver ce lundi vers 6h50 dans la capitale française, pour faire arbitrer par Matignon le pré-accord conclu entre patronat, collectivités locales et comité LKP, organisateur de la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis le 20 janvier, a-t-on appris auprès du conseil régional de l'île.
Yves Jégo a affirmé qu'il considérait "comme un honneur" l'émoi provoqué par l'annonce de son départ: "La décision a été prise en début d'après-midi et tout le monde a été informé: il n'y a aucune raison de s'affoler", a-t-il dit sur Radio Caraïbes Internationale (RCI).
Il s'est dit étonné qu'on fasse "une affaire parce que, simplement, je prends un avion pour aller chercher des solutions à Paris". "Je le promets, je reviens le plus vite possible", a affirmé le secrétaire d'Etat

Rien d'annoncé

Du côté des élus locaux, on comprend mal cette façon de négocier. Rien n'a été annoncé, ni avant, ni tard dimanche soir, sur ce départ d'Yves Jégo et c'est cela qui pose problème. Yves Jégo avait laissé entendre qu'il ne quitterait l'île qu'une fois la crise résolue.
Les mesures représenteraient un coût d'environ 108 millions d'euros pour le patronat, à compenser par des exonérations de charges consenties par l'Etat. Il faudrait également ajouter à ces chiffres ceux de la Martinique, également en grève depuis jeudi, de la Guyane, qui se prépare à la grève générale et de la Réunion, pour que les quatre DOM bénéficient du même dispositif, soit quelques 500 millions d'euros au total, précise-t-on dans l'entourage du conseil régional, qui affirme que si ce nécessaire arbitrage "au plus haut niveau" avait été expliqué, il aurait alors été compris par le collectif LKP et les élus locaux.

Effet d'une bombe

Cette attitude est interprétée comme "une rupture unilatérale des négociations en cours", elle a eu "l'effet d'une bombe en Guadeloupe", explique-t-on dans l'entourage du président PS du conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel. Par conséquent, le LKP ("Liyannaj kont pwofitasyon", Mouvement contre l'exploitation outrancière) a appelé à une quatrième et nouvelle semaine de grève générale, mais "pas de gaieté de coeur".
Paradoxalement, la solution retenue dans le pré-accord avait plutôt satisfait le conseil régional et la fin du conflit semblait toute proche. Et Yves Jégo, jusqu'à présent, avait communiqué à chacune de ses actions. Son départ a donc "franchement déçu" les collectifs et suscite de "vives interrogations" au sein de la sphère politique.
Le pré-accord prévoit "une augmentation de 200 euros pour les salariés percevant jusqu'à 1,6 fois le Smic, soit environ 45.000 salariés", avait expliqué à l'Associated Press Olivier Nicolas. Pour les salaires supérieurs à 1,6 fois le Smic, les augmentations feront l'objet de négociations par entreprises et par branches sur une base de 2,5 à 3%. (AP)


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Publié dans Actualités : Social

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