Les syndicalistes du bassin de Gafsa lourdement condamnés

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Tunisie . Des peines de deux à dix ans de prison ferme ont été prononcées contre les animateurs du mouvement social du bassin minier par une cour d’appel.

Bien que les peines aient été réduites d’un à deux ans pour les principaux inculpés, la justice tunisienne n’y est pas allée avec le dos de la cuillère en condamnant lourdement 21 des 38 syndicalistes et animateurs du mouvement de contestation sociale dans la région minière de Gafsa, dans le Sud-Ouest tunisien. Cette région a connu en 2008 un vaste mouvement de grève soutenu par la population locale et durement réprimé par la police tunisienne.

Adnane Hadji et Bechir Laabidi, principaux animateurs de ce mouvement, ont été condamnés à dix ans de prison, les autres à des peines allant de deux à six ans sous l’accusation d’« appartenance à une bande ; participation à une entente en vue de préparer et commettre une agression contre les biens et les personnes ; participation à une rébellion provoquée par plus de dix personnes avec usage d’armes… », autant de chefs visant à criminaliser tout mouvement de protestation sociale. Pire, Mouhieddine Cherbib, vivant en exil en France, a été condamné à deux ans de prison par contumace pour avoir organisé des actions de solidarité avec les mineurs de Gafsa en butte à la répression policière.

À ce procès auquel assistaient des observateurs internationaux (CGT, CFDT, FSU, Solidaires ainsi que le syndicat algérien Snapam) mais aussi des représentants des Verts, des ONG de défense des droits de l’homme telle la FIDH et le CRLDTH (Tunisie), de la Commission européenne, la France s’est fait remarquer par son absence. La justice n’a tenu aucun compte des sévices subis par les condamnés. Le tribunal n’a pas même pas pris « en considération des éléments de preuve fournis par la défense quant aux irrégularités, et le non-fondé des accusations », pointe le CRDLTH (ONG de défense des droits de l’homme tunisienne).

« Toutes les formes de torture ont été pratiquement exercées sur eux : le "poulet rôti", la position de la chaise, l’arrosage d’eau, l’introduction d’objet dans l’anus », ajoute l’ONG tunisienne qui précise que les « familles des accusés présentes parmi le public étaient horrifiées, atterrées par la monstruosité de la barbarie infligée aux leurs ». Des faits qui n’honorent pas un pouvoir tunisien que le président français avait adoubé lors de sa visite au printemps dernier à Tunis, en lui délivrant un satisfecit en matière de respect des droits de l’homme !

Hassane Zerrouky

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