La réponse de l’Elysée

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Les syndicats prennent le temps de la réflexion - Pour Sarkozy, c'est juste "une inquiétude"

Les huit syndicats à l’origine des grèves et manifestations qui ont rassemblé trois millions de personnes jeudi dans toute la France se donnent le temps de la réflexion et décideront le 30 mars des suites à donner au mouvement social.

Une journée d’action unitaire le 1er mai, fête du Travail, et des manifestations départementales ont été évoquées vendredi, afin d’obtenir de nouvelles mesures sociales face à la crise.

"Ni le gouvernement ni le patronat n’en ont terminé avec l’unité de notre intersyndicale, avec les revendications que nous portons et avec les mobilisations", a dit à la presse le dirigeant de la FSU, Gérard Aschieri, après une réunion intersyndicale au siège de Solidaires, à Paris.

Lame de fond

Saluant la forte mobilisation dans le public et le privé, la numéro deux de la CGT, Maryse Dumas, a jugé qu’"on est dans quelque chose qui est en train de s’enraciner et de prendre l’ampleur d’une lame de fond".

"Quand on est à la tête d’un mouvement comme ça, on sait prendre le temps de la discussion, de la réflexion afin que tous les atouts soient du côté de la mobilisation", a-t-elle expliqué alors que les syndicats sont partagés sur la meilleure façon de poursuivre le mouvement.

Forts du succès des deux journées d’action interprofessionnelles les syndicats restent unis sur leurs revendications.

Pour défendre l’emploi en période de bond du chômage, ils demandent la suspension des suppressions de postes dans la fonction publique. Pour soutenir la consommation, ils veulent une hausse des salaires qui passe selon eux par une augmentation du salaire minimum et des négociations dans les entreprises.

Ils exigent d’autre part le retrait de mesures emblématiques du programme de Nicolas Sarkozy comme le bouclier fiscal et la défiscalisation des heures supplémentaires.

"Le gouvernement et le patronat ne comprennent pas l’ampleur de la crise", a déclaré Marcel Grignard, de la CFDT.

"Le patronat et le gouvernement portent une responsabilité extraordinairement importante dans la dégradation du climat social", a-t-il poursuivi.

"Il n’est pas tolérable qu’on se refuse à remettre en cause le bouclier fiscal", a ajouté le responsable syndical. "Il n’est pas tolérable que (…) des patrons de grandes entreprises s’octroient la distribution de stock-options en expliquant aux salariés qu’il n’y a pas d’espace pour le pouvoir d’achat."

Pour Sarkozy, ce n’est qu’une inquiétude

Muet jusqu’ici sur les manifestations, le président Nicolas Sarkozy a affirmé que les manifestations de jeudi traduisaient "l’inquiétude des salariés" face "à la crise économique mondiale", vendredi à Bruxelles, à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement.

Il a remarqué que cette inquiétude n’avait "pas régressé depuis un mois et demi" et les manifestations du 29 janvier. "Mais qui aurait pu considérer que l’inquiétude aurait pu régresser entre les manifestations de janvier et celles de mars ?", s’est-il demandé.

Faisant valoir que le nombre de grévistes avait été moindre jeudi que le 29 janvier (en ne se basant en fait que sur les grévistes des trois fonctions publiques, avec 21,1% contre 25%), Nicolas Sarkozy a conclu que "le pays n’a pas été paralysé. Et ça n’a pas nui à la revendication".

 

 


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Publié dans Luttes sociales

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