Près de 200 migrants interpellés à Calais

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Près de 200 migrants ont été arrêtés dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 avril dans la région de Calais.
REUTERS/STRINGER/FRANCE
Près de 200 migrants ont été arrêtés dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 avril dans la région de Calais.

Près de deux cents migrants ont été interpellés dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 avril dans la région de Calais, par où transitent nombre d'entre eux qui tentent de rejoindre la Grande-Bretagne. Cette opération, qui a mobilisé près de cinq cents policiers et gendarmes, intervient deux jours avant la visite sur place du ministre de l'immigration, Eric Besson.

Ce dernier a expliqué en marge d'une conférence de presse à Paris que l'opération visait à démanteler les réseaux de passeurs d'immigrants illégaux, et non à arrêter les étrangers en situation irrégulière. "La situation s'était détériorée à Calais. Il ne peut être dit que passeurs et trafiquants font la loi. Les valeurs de base ont été mises en doute, il fallait réaffirmer que force doit rester à la loi", a-t-il martelé.

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, quelque cent cinquante personnes, essentiellement des Afghans, ont été arrêtées dans la zone industrielle des Dunes, surnommée "la jungle", où campent de nombreux migrants illégaux. Quarante-quatre autres sans papiers ont été arrêtés lors d'opérations menées sur des aires d'autoroutes du département. Ils ont été placés en garde à vue à Calais, Boulogne et Lille.

Sylvie Copyans, membre de l'association d'aide aux migrants Salam, était présente. Elle décrit une opération d'une ampleur inhabituelle :

Selon elle, il est impossible que les migrants interpellés soient tous des passeurs. Le but est bien de "faire fuir les migrants". "Comme ça ils peuvent dire que le problème est réglé à Calais, alors que ce n'est pas vrai", ajoute-t-elle. Pour elle, la visite prochaine d'Eric Besson est sûrement pour quelque chose dans une "pression policière qui s'est accentuée ces derniers jours" :

"Les gens veulent tellement flatter M. Besson qu'ils en rajoutent avec une opération de 'nettoyage' pour faire croire que tout va bien, tout est propre, qu'il y a moins de migrants", renchérit Jean-Claude Lenoir, vice-président de Salam. Le préfet a réfuté le terme de "nettoyage" : "On a interpellé des gens qui étaient identifiés. On n'a pas pris tout le monde. C'est une opération judiciaire et pas administrative." Elle n'est "pas mécaniquement liée à la visite d'Eric Besson, même si elle est cohérente avec les instructions que nous avons reçues".

Harlem Désir, tête de liste PS aux européennes en Ile-de-France, a vertement critiqué ces interpellations, déplorant "une mise en scène médiatique destinée à faire oublier l'échec du gouvernement sur la question de l'immigration". Cette opération est "le symbole de l'absurde politique du chiffre menée depuis deux ans par Brice Hortefeux et son successeur, Eric Besson, qui porte atteinte aux droits des étrangers sans aucun résultat réel en matière de démantèlement des filières clandestines ou mafieuses", a-t-il ajouté.

Le Monde.fr (avec AFP et Reuters)


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Publié dans Droits de l'homme

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