Obama « bouffeur de riches »
Après son audition, mercredi soir dernier, face à un Congrès en partie frileux, Barack Obama a dû faire face samedi à une manifestation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Was- hington. Initialement organisée contre le « trop d’État » de la politique de l’administration démocrate, cette manifestation, appelée par plusieurs organisations de la droite conservatrice et libérale américaine, telles que la fondation Freedomworks, et les principaux groupes de la droite chrétienne, a largement tourné à une parade contre l’instauration d’une couverture santé universelle.
Dans une ambiance très famille traditionnelle américaine, les manifestants n’ont pas hésité à se livrer à une véritable chasse aux sorcières contre « Obama le socialiste », brandissant des photos montages du président, coiffé du béret étoilé, symbole du communisme, et qualifié de « bouffeur de riches » ou de « traître antiaméricain ». Certains participants osaient même accuser le pensionnaire de la Maison-Blanche d’être soutenu financièrement par l’Arabie saoudite, en raison de son obédience musulmane cachée et de ses liens avec Ben Laden. Moins farfelus mais tout aussi démagogiques, les messages à propos du projet de réforme, à l’image du slogan « né riche, taxé à mort » écrit sur une pancarte portée par un enfant, ne manquaient pas d’inspiration. Les manifestants refusaient ainsi d’être des « distributeurs de billets », et proclamaient que « l’avortement n’est pas un acte médical ».
Ce même jour, le président américain s’est à nouveau exprimé dans son allocution radiophonique hebdomadaire, puis au cours d’un meeting à Minneapolis (Minnesota), citant un rapport publié par le département du Trésor qui prévoit notamment que près de la moitié des Américains de moins de soixante-cinq ans risquent de perdre leur couverture santé d’ici dix ans. Barack Obama a également demandé l’aide de ses concitoyens qui souhaitent rapidement cette réforme. Ce soutien populaire semble en effet indispensable pour contrer la ténacité des opposants. Selon Associated Press, certains manifestants ont reconnu avoir été payés pour participer à ce défilé.
Samuel Lehoux