Et si la Sécu n'existait plus...

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS




Avec la nouvelle augmentation du forfait hospitalier, c'est un nouveau pas vers l'individualisation et la privatisation auquel on assiste. De déremboursements en franchises, l'État se défausse toujours plus sur les mutuelles et les assurances privées. Objectif : leur octroyer la manne qu'est notre santé.

"De nombreux pays anglo-saxons ou scandinaves, l'ont compris : l'assuré est un client. Au tour de la France de faire sa révolution en la matière (...).
Concrètement, la supression des cotisations patronales, remplacées par des cotisations salariales suceptibles de se transformer ensuite en primes d'assurance, constitue le changement stratégique central à mettre en oeuvre." Cette note de l'institut Montaigne, piloté par Claude Bébéar, ancien président du groupe d'assurances AXA, dit tout ou presque. Le propos, qui date de mai 2006, montre l'offensive contre le système de protection sociale et la volonté d'ouvrir de larges pans de ce "marché" à la concurrence. La crise financière et économique, loin d'avoir désamorcé les appétits des géants de l'assurance et de la banque, les a, au contraire, aiguisés. La santé reste en effet l'un des derniers pans de la société à ne pas être entièrement aux mains du privé grâce au système de Sécurité sociale inventé en 1945 par le Conseil national de la Résistance et mis en place par le communiste Ambroise Croisat.
Aujourd'hui, les prestations sociales représentent quelque 500 milliards d'euros. Un immense gâteau dans lequel les assurances privées et les banques rêvent de mordre à pleines dents. Et elles peuvent compter sur le gouvernement et Nicolas Sarkozy pour cela. Le chef de l'État a décidé d'accélérer encore le démentèlement du système de santé. Comme ses prédecesseurs, Nicolas Sarkozy procède par touches : déremboursement des médicaments, augmentation du forfait hospitalier... Et cela, au nom du "sauvetage du système". Pour justifier ce gigantesque recul social, le prérexte est le fameux "trou de la Sécu", que l'on annonce à la hauteur de 20 milliards d'euros. Le gouvernement dénonce les "abus", les "fraudes de plus en plus nombreuses", on nous parle de "surconsommation de médicaments", de "nomadisme médical", d'"examens médicaux injustifiés", d'"arrêts de travail abusifs". Bref, si la Sécu va mal, c'est de la faute des malades et des médecins, et pour les responsabiliser, il faut les faire payer! Mais ce n'est pas grave, nous dit-on, puisque les déremboursements , les augmentations des actes médicaux sont pris en charge par les mutuelles complémentaires que possèdent la très grande majorité des français (92%). Sauf que les chômeurs, les professions libérales et le retraités doivent recourir à des contrats individuels chers et souvent peu performants. Sans oublier que la proportion  de personnes "sans mutuelle" est de 15% chez les ouvriers et de 18% chez les chômeurs, contre 5% chez les cadres.
Conséquence, selon une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES), 32% des personnes non couvertes déclarent avoir renoncé à se soigner en 2006. Ces personnes sacrifient le plus souvent les soins bucco-dentaires, l'optique et les consultations médicales avec dépassements d'honoraires. Les plus démunis, les classes populaires se soignent moins, ce qui creuse encore plus les inégalités de santé.
Les écarts d'espérance de vie entre les différentes catégories ou la mortalité à un âge jeune le montrent. Les catégories aisées sont statistiquement "en meilleure santé". Ce que Gary Becker, économiste de l'école de Chicago, justifie en expliquant que si les riches sont en meilleure santé, c'est qu'ils sont plus incités à l'être puisque  leur "capital santé" a un meilleur rendement que celui des pauvres! Ce que l'on dit moins, c'est que rien qu'en 2002, selon un rapport de la Cour des comptes, les exonérations de cotisations patronales représentaient 19,4 milliards d'euros,  21,5 milliards d'euros en 2005 et 26,5 milliards d'euros en 2009. Preuve qu'on organise le creusement du "trou de la Sécu" pour mieux la démanteler.
Dernier argument à la mode pour livrer notre système de santé aux appétits du privé : sortir de la crise.
Ainsi, sur le site du FMI, dans la publication "Finance and Development", Olivier Blanchard sarkosyste patenté et pourtant nommé économiste en chef du Fonds monétaire international par Dominique Strauss-Kahn écrit que la "stimulation de l'économie peut être prolongée si, au même moment, des mesures sont prises pour limiter la croissance des régimes sociaux des États, qu'il s'agisse de l'accroissement des dépenses de santé ou l'effet du vieillissement des populations sur les dépenses pour les retraites". Si ce qui ne va pas au travail va au capital, il devient possible de faire de l'argent sur la maladie.
Totujours cette obsession de réduire la rénumération du travail. Car les cotisations sociales, payées par les employeurs comme par les travailleurs, sont une part de salaire socialisé afin que chacun puisse faire face aux aléas de la vie (maladie, vieillesse...) . C'est aussi cette mise en commun qui prouve que l'on peut faire autrement que ce que <sarkozy et ses amis veulent casser.
ST S.
Article Huma Dimanche


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Publié dans Économie

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M
faut se trouver une mutuelle
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C
<br /> Hélas de plus en plus de personnes ne peuvent se payer une mutuelle...<br /> <br /> <br />