Les sorties scolaires, une « perte de temps », dit-on au ministère

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

In Rue89


Je n'ai pas l'habitude de lire les notes internes au ministère de l'Education nationale, mais mon oeil est resté scotché sur le rapport sur la réforme du premier degré publié par l'Inspection générale, à l'intention du ministre. Je ne l'ai pas lâché tant la prose des deux signataires, deux inspecteurs généraux, est fascinante.

Un mélange d'autosatisfaction naïve (« L'année a été exceptionnelle aussi par la soudaineté de mise en oeuvre de la réforme et par l'audace de certaines propositions… Les élèves retrouvent le goût de l'école… ») et de méfiance/brutalité (« Les récalcitrants à ce nouveau service ont été réduits de quelques centaines d'opposants déclarés dans ou par les médias à un petit nombre de situations individuelles, qui font l'objet de retraits de salaires »).


Certains passage maladroits sont inutilement blessants pour les enseignants. Exemple :

« La modification la plus fondamentale réside dans l'implication personnelle des enseignants dans la prise en charge de la réussite de leurs élèves. »

 

Que l'aide personnalisée ait pu aider certains élèves à résoudre une difficulté, cela peut se défendre. Mais pourquoi suggérer que les enseignants n'avaient pas, auparavant, « d'implication personnelle » dans ladite réussite de leurs élèves ?

Mais ce qui m'a le plus retenu l'oeil, c'est ce passage très inquiétant :

« Dans l'immédiat, il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages, en prenant des mesures de restriction des empiètements tolérés, et parfois encouragés, sur le temps scolaire, en revoyant et limitant les agréments et autorisations. »

 

Ainsi, nous disent ces deux inspecteurs généraux, les sorties scolaires et les intervenants extérieurs ne seraient que perte de temps et facteurs de déconcentration !

Publicité

Publié dans Sauvons l'école

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> Bonjour,<br /> je viens de lire le passage concernant les intervenants extérieurs. Bien. Un oubli, de taille : ces intervenants extérieurs font l'objet chaque année d'un partenariat avec les municipalités, qui,<br /> je le rappelle, finance la totalité des frais de fonctionnement et d'investissement des écoles du premier degré ; seul le salaire des enseignants est supporté par l'éducation nationale.<br /> La municipalité, en accord avec les enseignants et le plus souvent à leur demande, va donc "embaucher" et payer ces intervenants : initiation à l'anglais, sport, musique, danse, arts plastiques…<br /> autant d'ouvertures sur l'extérieur et de disciplines abordées afin de "donner" le goût aux enfants de la découverte et d'une première approche culturelle ou linguistique.<br /> Certaines municipalités mettent ainsi en place une véritable politique d'accompagnement des enfants et d'enrichissement des enseignements fondamentaux. Pourquoi remettre en cause cette possibilité<br /> qui ne coûte pas un sou à l'état ?<br /> Serait-il possible que le but (non avoué) soit d'appauvrir les contenus de l'école publique ? Si tel était le cas, gageons que le privé se fera un devoir de proposer ces activités complémentaires<br /> aux familles.<br />  <br /> <br /> <br />
Répondre