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Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

Régionales : une gauche rassembleuse

Un président de la République qui s’autocongratule après avoir liquidé cent mille emplois dans la fonction publique et qui bombe le torse à l’idée de supprimer la moitié des élus dans les territoires… Deux phrases glanées dans le discours de Nicolas Sarkozy devant les forces économiques qui en disent long sur l’opération de destruction massive visant à la fois le modèle social issu de la Libération et la démocratie locale. Et comment devons-nous comprendre l’étrange phrase au goût d’inachevé sur le travail et la famille ? Derrière l’autosatisfaction quelque peu indécente et son volontarisme de tribune, le chef de la droite a voulu donner le ton de son engagement dans la bataille des élections régionales. Il entend bien prendre la conduite de la campagne de l’UMP, opérant ainsi une confusion des responsabilités. Ce faisant, il n’est plus que le président de ceux qui le soutiennent. Ratisser le plus à droite possible, quitte à parodier les slogans en vogue dans un temps que l’on pensait définitivement révolu, devient une nécessité pour le pouvoir en place.

 

La question qui est posée à chaque citoyen attaché au progrès social est de savoir si le président et son parti vont pouvoir utiliser les régions comme relais de l’entreprise de démolition sociale et de réduction des services publics. En 2004, ils n’y étaient pas parvenus. Vingt régions sur vingt-deux avaient choisi des majorités de gauche et autant d’exécutifs dirigés par des présidents socialistes. À l’heure où le gouvernement se prépare à faire avaliser sa réforme des institutions territoriales, qui renforcerait la tutelle de l’État et mettrait en cause la décentralisation, le monde du travail a besoin dans les institutions régionales d’une gauche plus combative qui indexe son action sur le mouvement social, qui sache utiliser toutes les possibilités réglementaires pour faire des régions des pôles de démocratie et de résistance à l’offensive sarkozyenne. Voilà pourquoi il était si important que l’innovation politique qu’a constituée la création du Front de gauche, à l’occasion des élections européennes de juin 2009, trouve un prolongement au scrutin régional de mars prochain. Et à la vérité, un prolongement n’aurait pas suffi. Il fallait viser un élargissement à d’autres forces, associations, citoyens engagés dans le mouvement syndical. Au moment où le Parti socialiste envisage des accords politiciens avec une partie de la droite – le Modem –, et où les Verts ont brouillé leur positionnement à gauche dans la nébuleuse d’Europe Écologie, il était indispensable d’offrir au choix des citoyens une gauche rassembleuse qui soit vraiment de gauche, capable de porter une politique progressiste dans tous les conseils régionaux et de contribuer à la formation de majorités de gauche dans les exécutifs, dans l’intérêt des populations.

 

Une première étape a été franchie, dont le meeting de Paris porte témoignage. Le Parti communiste, le Parti de gauche et la Gauche unitaire parviendront – c’est du moins ce que le monde du travail attend d’eux – à faire front à nouveau, à élargir leur alliance. Ce n’est pas chose facile, mais c’est tellement nécessaire. Pour le reste, ce sont les citoyens, les militants qui vont en décider par une campagne d’explications et de convictions. De ce côté-ci de l’échiquier politique, l’expérience du 29 mai 2005, la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne, habite toujours les esprits.

 

Lien d'information
hebdomadaire
des communistes
N° 397

22 janvier 2010

 

 

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Publié dans Régionales

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