La visite du pape 2ème partie
3 - Un pape pour le "choc des civilisations"
Nous vivons un mélange des genres entre religion et politique très significatif avec la visite de Benoît XVI. La débauche ostentatoire des moyens officiels mis à disposition, l’occupation agressive de l’espace public, le harcèlement médiatique télévisuel, tout fait sens. Ici, le moyen, c’est le but. Le pape et le président ont en commun une stratégie de reconfessionnalisation institutionnelle de la société française.
Les deux hommes s’inscrivent à ce sujet dans la théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington, bréviaire de la diplomatie des Etats-Unis. Ils tirent de la religion la légitimité à agir pour la domination d’un prétendu "Occident". Dans cette perspective, la République laïque fait obstacle. Un changement de cap est nécessaire. Le discours de Latran de Nicolas Sarkozy l’a proclamé sous le nom d’une "laïcité positive".
Cela devrait se traduire par une pseudo "modernisation" de la loi de 1905. Dès lors, juste avant la visite du pape, son premier ministre, le cardinal Bertone, s’est réjoui : "Certains éléments font espérer une évolution de cette laïcité rigide qui fit de la France de la IIIe République un modèle de comportements antireligieux. " Qu’est-ce que cette "laïcité positive" ?
Une reformulation par Benoît XVI de la revendication de l’Eglise romaine à être reconnue comme acteur officiel de l’espace public ! Voici le postulat du cardinal Ratzinger : "La foi n’est pas une chose purement privée et subjective. Elle est une grande force spirituelle qui doit toucher et illuminer la vie publique. " Nicolas Sarkozy l’a officialisé : "J’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité (...) qui ne considère pas que les religions sont un danger mais plutôt un atout. " C’est ce que demandait le pape : "Un Etat sainement laïque devra logiquement reconnaître un espace dans sa législation à cette dimension fondamentale de l’esprit humain. Il s’agit en réalité d’une "laïcité positive" qui garantit à tout citoyen le droit de vivre sa foi religieuse avec une liberté authentique, y compris dans le domaine public. "
Le domaine public, voilà l’enjeu pour le pape : "L’hostilité à toute forme d’importance politique et culturelle accordée à la religion, et à la présence, en particulier, de tout symbole religieux dans les institutions publiques, n’est certainement pas une expression de la laïcité, mais de sa dégénérescence en laïcisme. " Joseph Ratzinger avait prévenu : "Une telle séparation, que je qualifierais de "profanité’’ absolue, serait certainement un danger pour la physionomie spirituelle, morale et humaine de l’Europe. " Car, pour le pape, "l’Europe est un continent culturel et non pas géographique. C’est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et permis la formation de ce continent sont celles du christianisme. "
La vision est plus large encore. C’est l’Occident qui est en cause. "L’Occident est menacé depuis longtemps par le rejet des questions fondamentales de la raison et ne peut en cela que courir un grand danger", déclare le pape. Nicolas Sarkozy partage ce credo. Le "premier risque" dans le monde, a-t-il déclaré trois mois après son élection, c’est celui d’une "confrontation entre l’islam et l’Occident". Foin de la réalité étatique de l’ordre international, et tant pis pour cinq millions de musulmans français. Bien sûr, cette thèse ne proclame une identité que pour mieux désigner des adversaires.
L’islam d’abord. Cette lecture d’un Occident menacé par l’islam, Benoît XVI l’a aussi exprimée de manière particulièrement provocante dans son discours de Ratisbonne en 2006. Au prétexte d’une réflexion sur la foi et la raison, le pape utilise un dialogue entre l’empereur byzantin Manuel II Paléologue et un savant perse sur "le christianisme et l’islam, et leur vérité respective". Il citait ainsi l’empereur chrétien : "Montre-moi donc ce que Mohammed (le Prophète) a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d’inhumain, par exemple le fait qu’il a prescrit que la foiqu’il prêchait, il fallait la répandre par le glaive. "
Cette référence très douteuse prononcée au lendemain de l’anniversaire des attentats du 11-Septembre est un programme politique. Et une mystification. Elle fait en effet l’impasse sur les siècles de violence impulsée par l’Eglise, des croisades à l’Inquisition en passant par les dragonnades, la chouannerie et la résistance à la loi de 1905.
Face au tollé soulevé par ce discours, Benoît XVI en avait minimisé la portée, prétextant d’une réflexion anodine. Pourtant, son secrétaire particulier, l’abbé Gaenswein, en confirmait un an plus tard la portée très politique : "Je tiens le discours de Ratisbonne, tel qu’il a été prononcé, comme prophétique. On ne peut pas éluder les tentatives d’islamisation de l’Occident. Et le danger pour l’identité de l’Europe, qui y est lié, ne doit pas être ignoré. " Tel est l’arrière-plan de la croisade du pape dans la France de Nicolas Sarkozy.
Le pape est bien un chef politique autant qu’un chef religieux. Toute l’Amérique latine progressiste en fait l’expérience amère dans sa lutte pour le droit au divorce ou à l’avortement et par la mise au ban de la théologie de la libération. L’Italie, l’Espagne et la Pologne le paient d’intrusions permanentes dans leurs élections.
La France ne sera pas épargnée si l’hébétude du spectacle clérical éteint la vigilance laïque. La laïcité prétendument positive est une tromperie. Elle rétablirait les privilèges de préconisation publique et de pressions privées de l’Eglise. C’est d’une laïcité étendue à de nouveaux domaines de l’espace public (hôpitaux, services publics, etc.) que la France a besoin. Plus que jamais : l’Etat chez lui, l’Eglise chez elle !
Jean-Luc Mélenchon www.jean-luc-melenchon.fr
4 - Benoit XVI et la grenouille par qui arrive le blasphème
Le pape Benoit XVI a dénoncé le caractère blasphématoire d’une œuvre d’art exposée en Italie et figurant une grenouille crucifiée.
Symbole traditionnel de la météo ou animateur-vedette d’un célèbre show télévisé, le batracien appelé "grenouille" a aussi fait l’objet d’une sculpture réalisée par l’artiste allemand Martin Kippenberger (1953-1997). L’œuvre représente en effet l’animal supplicié qui tire la langue en tenant une chope de bière dans une patte et un œuf dans l’autre. Censée représentée l’auteur, elle s’intitule “autoportrait de l’artiste en état de crise profond”. Exposée au musée d’art moderne de Bolzano, dans le nord-est de l’Italie, au début de l’été, ce sont les élus locaux de la ville, le ministère italien de la culture puis le pape qui ont été pris d’un coup de sang.
En mai dernier, le président de la région de Bolzano, Luis Durnwalder, avait demandé au musée de retirer la sculpture présumée provocatrice "dans une région à 99 % catholique". Au mois de juillet Franz Pahl, un élu en état de choc, avait entamé une grève de la faim pour contester l’exposition de l’amphibien jugé blasphématoire dans le musée de sa ville. Aussi sous la pression d’élus locaux, l’œuvre exposée à l’entrée de la galerie a été transportée au troisième étage de l’établissement. La directrice du musée, Corinne Diserens, a néanmoins refusé de censurer cette production, évoquant une "instrumentalisation d’une œuvre à des fins politiques". D’autant plus qu’il était affiché une “note d’information” expliquant “la valeur artistique et le contexte où naquit l’ouvrage”. Sandro Bondi, ministre "berlusconien" de la culture, a jugé le 28 août que "non seulement cette œuvre blesse le sentiment religieux de nombreuses personnes qui voient dans la croix le symbole de l’amour de Dieu, mais elle offense aussi le bon sens et la sensibilité de ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce symbole". Et de conclure : "Je serais heureux que les institutions publiques ou financées par le public n’exaltent pas uniquement l’art désacralisé, les provocations inutiles ou le non-sens". Enfin l’évêque de Bolzano, Wilhelm Egger, s’était entretenu de l’affaire "de la grenouille" lors d’une rencontre avec Benoit XVI qui passait ses vacances dans la région... Le Vatican avait alors immédiatement contacté au mois d’août le gouvernement régional, pointant dans son courrier la peine provoquée par cette représentation auprès des croyants qui "voient dans la croix le symbole de l’amour de Dieu".
D’autres protestations se sont fait entendre en Italie, celles d’amateurs d’art et de créateurs, et visent à soutenir non seulement l’exposition en question, mais aussi la liberté d’expression menacée dans cette affaire apparemment anecdotique. Exhibée sans problème à Londres, Venise, New York et Los Angeles, puis en 2004 au musée de Laguna Beach en Californie, dans le cadre d’une exposition intitulée “100 artistes voient Dieu”, la sculpture de l’artiste polyvalent M. Kippenberger a ainsi jeté l’anathème dans la ville de Bolzano où l’on tente visiblement de limiter la vie d’une grenouille au cadre stricte du bénitier.
Voir cet article sur son site d'origine
Nathalie Szuchendler egalibre.canalblog.com/
5 - Voyage du Pape : ça commence très mal !
Télécharger le numéro hors série de Golias sur la pape.
Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat de Benoit XVI et interprète autorisé de ses positions, lors d’un entretien à La Croix préparant la venue du Pape en France évoque la « laïcité positive » qu’il entend promouvoir. Il fait ainsi directement référence à une expression choisie par le Président Nicolas Sarkozy, lors de son discours du Latran de décembre 2007 (voir à ce sujet le dossier de la revue Golias n°118).
Mgr Bertone s’en réjouit et approuve la « laïcité positive » prônée par le président français, soutenant que « c’est une évolution (de la laïcité) qui la rend plus saine » à la veille de la visite de Benoît XVI en France. Selon le cardinal italien, de tendance franchement intransigeantiste, « cela signifie seulement que cette laïcité n’est pas aveugle et qu’elle ne méconnaît pas le fait religieux », ajoutant surtout, point important, que « c’est une évolution qui la rend plus saine ». « Il faut maintenant que cette conception de la laïcité passe peu à peu dans les faits », poursuit-il.
En juillet dernier, le cardinal Bertone avait déjà évoqué la situation française où « certains éléments font espérer une évolution de cette laïcité rigide qui fit de la France de la IIIe République un modèle de comportements antireligieux ». Quant à son homologue français, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui sera également du voyage en France, il a affirmé pour sa part vendredi que « la visite de Benoît XVI pourrait être l’occasion, de mettre à nouveau les pendules à l’heure » sur l’épineuse question de la laïcité.
On se souvient des scandaleux propos du président français affirmant tout de go une supériorité, incongrue d’ailleurs, du prêtre sur l’instituteur. A présent, Benoit XVI (et déjà son secrétaire d’état Tarcisio Bertone) entendent faire savoir que le message a été reçu cinq sur cinq. Réponse du berger pontifical à la bergère française (si l’on ose ainsi qualifier le président de la République).
L’expression même de « laïcité positive » est fort malheureuse car la laïcité en soi n’est ni positive ni négative, et si elle doit être qualifiée, elle serait plutôt négative en tant qu’elle traduit le refus d’une sujétion au spirituel, au confessionnel ou à l’autorité ecclésiastique. Sans doute veut-on insister par là sur les aspects en soi positifs des religions (quoi que l’on pense des négatifs) ce qui est assez incontestable.
En fait, derrière cette expression équivoque, il faut deviner une volonté de minimiser l’importance de la laïcité, de revenir sur le principe et sur ce qu’il entraîne. La volonté romaine de vouloir infléchir le sens de cette valeur fondamentale de notre république, en réponse à la main tendue par Nicolas Sarkozy lui-même, doit nous inquiéter. Il s’agit de faire prendre des vessies pour des lanternes et tout simplement de mettre en cause une valeur essentielle de notre patrimoine moral français. Ce qui relève d’une stratégie logique de la part d’un cardinal associé à la restauration intransigeante de Benoit XVI, ce qui ne veut pas dire moins dangereux, mais qui choque davantage dans la bouche et sous la plume d’élus de la République.
Voir cet article sur son site d'origine
Christian Terras www.golias.fr
6 - L’OCL déplore que l’Etat français reçoive officiellement le pape
L’Observatoire Chrétien de la Laïcité qui a déjà affirmé avec la plus grande fermeté son désaccord avec les thèses défendues par le président Sarkosy dans son discours du Latran redit son inquiétude alors que l’offensive en faveur d’une laïcité prétendue « positive » déferle dans les médias à l’occasion de la visite en France du pape Benoît 16. La laïcité telle qu’elle est définie dans la Loi de 1905 reste l’outil juridique actuellement indispensable dans une société multiculturelle et multiconfessionnelle, La Loi doit être respectée par tous à commencer par l’Etat Français. La séparation rigoureuse des Eglises et Institutions religieuses et de l’Etat est la garantie contre les tentations et tentatives communautaristes, la liberté de conscience des personnes et la démocratie fondée sur la voix des citoyens libres et responsables en dernier recours de leurs choix politiques.
C’est pourquoi l’OCL déplore que l’Etat français reçoive officiellement le pape qui joue sur l’ambiguïté de sa fonction pastorale et du statut étatique du saint Siège. Ce statut étatique n’est qu’un reste anachronique des Etats pontificaux et monarchiques d’antan. L’Observatoire Chrétien de la Laïcité souhaite la disparition de cette exception, au demeurant peu conforme au message évangélique.
Par l’Observatoire Chrétien de la Laïcité
Jean Riedinger Secrétaire de l’Observatoire Chrétien de la laïcité
1 - Opus Dei et consorts : enquête sur l'idéologie du pape
Les Nouveaux soldats du pape de Caroline Fourest et Fiammetta Venner - éd. du Panama - 316p., 20€.
Objet de controverses non seulement en raison de son coût et de la pompe qui l’entoure, mais aussi par ce qu’elle laissera sans doute entrevoir des conceptions du président Sarkozy en matière de laïcité, la prochaine visite du Pape Benoît XVI se doit néanmoins d’être appréciée avec du recul. En l’occurrence, non par le biais d’un anticléricalisme épidermique, mais à la lumière de la situation actuelle dans l’Eglise catholique, de son évolution théologique et, oserait-on dire, idéologique.

C’est précisément ce que font, dans un ouvrage aussi sérieux que documenté, Caroline Fourest et Fiammetta Venner qui, évitant toute tonalité inutilement polémique, démontrent grâce à un large travail d’enquête que depuis le concile Vatican II, l’ouverture au monde régresse dans l’Eglise.
L’opinion généralement répandue, y compris en science politique, consiste à mettre systématiquement en équation les idées catholiques réactionnaires et la petite frange d’intégristes qui a suivi feu monseigneur Lefebvre jusque au schisme. Ce livre explique au contraire que c’est au cœur de l’Eglise romaine, avec l’appui des papes successifs depuis Paul VI et plus encore Jean Paul II, à leur initiative souvent, que s’est développé un mouvement de remise en cause des enseignements du concile.
Retour de balancier et contre-feux conservateur
Quelles sont les raisons du contre-feux conservateur ? Selon les auteurs, Paul VI déjà considérait que l’application de Vatican II était allée trop loin. Dans l’atmosphère de la fin des années 60, marquée par la guerre froide et le souffle des idées de 1968 (auquel n’est pas étrangère, en France, la gauche catholique imprégnant, entre autres, le PSU), la hiérarchie catholique reste obnubilée par la nécessité de la lutte contre le communisme.
Elle n’accepte pas la remise en cause de l’engagement politique ultra-réactionnaire de certaines églises, notamment latino-américaines, que représente la théologie de la libération. Elle s’inquiète de l’affaiblissement de ses capacités missionnaires face au développement des dénominations protestantes dans le tiers-monde et d’une manière générale, s’oppose à tout ce qui remet en cause la vision patriarcale et puritaine qui continue à s’exprimer depuis Rome sur les questions de morale.
Logiquement, Rome va donc chercher à susciter ou promouvoir des mouvements de religieux ou de laïcs ayant une colonne vertébrale doctrinale et des méthodes, capables d’amorcer un retour de balancier vers un catholicisme conservateur.
Caroline Fourest et Fiammetta Venner nous font donc découvrir trois de ces instruments de reconquête, qui actuellement encore, continuent à grignoter des positions d’influence dans le clergé et la société civile, avec le parfait aval du Vatican : la Légion du Christ ; l’Opus Dei et la mouvance traditionaliste.
Après lecture complète de l’ouvrage, la Légion apparaît bien comme la plus inquiétante et l’appui dont elle bénéficie, malgré l’implication avérée de nombre de ses prêtres dans des affaires de mœurs, surprend, comme il en dit long sur l’incapacité de l’Eglise à traiter dans la transparence un linge sale qui continue d’être lavé en famille, quand tout simplement la dénégation ne prends pas le dessus.
Autoritarisme, sexisme et mortification
Le livre est ensuite un très salubre effort pour établir avec précision la pensée, les méthodes et l’influence de l’Opus Dei, le mérite des auteurs étant de réfuter les fantasmes complotistes qui font de l’Opus une sorte de « franc-maçonnerie blanche » au sein de l’Eglise, tout en soulignant bien la nature autoritaire de l’Opus, son passé de collaboration avec le franquisme et Pinochet, ainsi que sa fascination pour la mortification et son sexisme.
La dernière partie du livre est elle aussi éclairante. Traitant du milieu traditionaliste (terme qui désigne les intégristes restés dans l’Eglise), Caroline Fourest et Fiammetta Venner expliquent avec justesse que le danger pour l’Eglise ne vient sans doute pas des intégristes qui ont choisi la dissidence, mais de ceux qui, après l’affaire des sacres de Mgr Lefebvre, en 1988, ont choisi de demeurer dans le giron du Vatican.
La raison est simple : parce qu’ils ont le sens politique et celui du rapport de forces (c’est un héritage du politique d’abord et de la théorie du compromis nationaliste chez ces gens imprégnés de maurrassisme), les traditionalistes qu’on appelle « ralliés » savent que pour faire avancer leurs idées, il faut rester dans l’Eglise et non se marginaliser en la quittant.
Les auteurs ont dès lors raison de souligner que ce sont les intégristes proches du Front national (Bernard Antony ; Jean Madiran) et impliqués dans le combat politique nationaliste, qui ont choisi de rester fidèles au Vatican, tandis que les fidèles de Mgr Lefebvre, moins ouverts au compromis tactique, délaissent souvent l’action politique pour se réfugier dans le providentialisme.
Le livre raconte en outre les tractations qui ont abouti au retour dans le giron romain de la fraction la plus « idéologique » de la mouvance lefebvriste, laquelle a obtenu sans rien céder, une impressionnante série de concessions dont la plus choquante est sans doute l’autorisation de prière pré-conciliaire pour la conversion des juifs, restés pour eux le peuple déicide.
Fidèles à leur engagement qui consiste à examiner les fondamentalismes à l’œuvre dans les trois religions monothéistes, les auteurs nous donnent au final, un tableau de l’Eglise catholique qui conclut à la marginalisation du catholicisme libéral, à la mise entre parenthèses de notions conciliaires fondamentales comme l’œcuménisme et à la victoire (temporaire ?) du camp conservateur.
Voir cet article sur son site d'origine
Jean-Yves Camus Chercheur en science politique