Des policiers empêchent deux photographes de l'AFP de prendre des photos
par Sauvons l'Ecole
(Source AFP)
Deux photographes de l'AFP qui couvraient une manifestion de lycéens, mardi à Lyon, ont été, selon leur récit, empêchés de prendre des photos par des CRS et des policiers qui ont saisi l'appareil de l'un d'eux pour effacer les prises de vue déjà effectuées.
Alors que le photographe Jean-Philippe Ksiazek suivait des lycéens qui avaient bloqué une voie de circulation longeant la place Bellecour, en plein centre-ville, deux membres des forces de police se sont approchés de lui, l'ont ceinturé et conduit jusqu'à un véhicule de la police, bien qu'il leur ait présenté sa carte de presse.
Le photographe a refusé de monter dans la voiture, son appareil lui a été arraché des mains, et des agents ont effacé les photos déjà présentes sur la carte mémoire, a-t-il raconté. Un policier présent a invoqué une "interdiction" légale de prendre des agents en photo pour expliquer ce geste.
La suite...
In Libération
Quand la police censure deux photographes de l'AFP
L'intersyndicale et la société des journalistes (SDJ) de l'Agence France presse ont publié mercredi des communiqués pour protester après que deux de ses journalistes ont été empêchés de travailler, mardi, par des CRS et des policiers. Les deux photographes suivaient une manifestation lycéenne de faible ampleur dnas le centre de Lyon. "Dès le début, raconte Jean-Philippe Ksiazek, des gradés nous ont dit qu'on ne pouvait pas faire de photo cette fois, que c'était interdit. J'ai montré une carte de presse et une policière a pris toute mon identité, très longuement, puis elle m'a dit de me tenir à l'écart car c'était interdit de photographier, pour des questions de droit à l'image des policiers"...
Puis la cinquantaine de lycéens qui se trouvait sur la place a été chargée par les CRS. "J'ai alors fait mon métier", poursuit le photographe. Un policier lui aurait fait une clef de bras et il aurait été conduit à une voiture, tandis que son collègue, Frédéric Dufour, autre photographe de l'AFP, était bloqué contre un mur, une matraque sous le cou. "Ils m'ont demandé mon appareil, continue Jean-Philippe Ksiazek. J'ai bien-sur refusé. Ils me l'ont arraché et ont effacé les photos et la disquette".
Pour l'intersyndicale (CFDT, CGC, FO, SAJ-Unsa, SNJ, CGT et Sud) de l'AFP, il s'agit d'un "acte de censure intolérable dans une démocratie" et d'une "atteinte grave à notre mission et au droit à l'information pour tous les citoyens". (...) Le comportement des policiers, juge-t-elle, "n'est que le reflet d'une volonté, au plus haut niveau, d'étouffer les mouvements sociaux et leur retransmission dans les médias". L'intersyndicale appelle la direction de l'AFP à "déposer une plainte contre ces agissements qui portent atteinte à la liberté de travailler".
La suite...
(AFP)
Incidents policiers/photographes: un député PS fait part de son soutien
Michel Françaix, député PS en charge des médias pour le groupe PS à l'Assemblée, a apporté mercredi son "soutien entier" aux deux photographes de l'Agence France-Presse qui ont été empêchés par des CRS et des policiers de prendre des photos d'une manifestation lycéenne à Lyon.
"Les coups de boutoir incessants du pouvoir contre la presse et les journalistes montrent que celui-ci n'a de cesse de museler toute opposition dans les médias comme au Parlement", a estimé dans un communiqué M. Françaix en déplorant "les méthodes utilisées à l'encontre des journalistes".
"Une société s'honore en ayant une presse libre et en garantissant sans relâche la liberté de celle-ci", a-t-il ajouté.
La suite...