Egypte: l'envoyé spécial de L'Humanité arrêté

Publié le par COLLECTIF ANTILIBÉRAL du PAYS de PORT-LOUIS

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Pierre Barbancey a été détenu pendant deux heures dans une caserne cette nuit, avant d'être placé en résidence surveillée. Relâché ce matin, il raconte.

 

"Vers 22 heures, mercredi soir,  j'ai voulu retourner sur la place Tahrir avec d'autres journalistes français (Thomas Cantaloube de Mediapart Vincent Lafargue, photographe indépendant, Sarah Mabrouk, JRI indépendante). Peu avant d'y arriver, nous avons été arrêtés par des miliciens pro-Moubarak. Ils cherchaient clairement à nous empêcher d'accéder à la place où ils ont affronté toute la journée les opposants au régime. Il faut dire que la télévision officielle ne montre que des images des manifestations. Tout ce qui va à l'encontre de la version officielle, c'est-à-dire ce que montrent les médias étrangers, est combattu. Ces miliciens nous ont livrés à l'armée, qui nous a emmenés dans une caserne proche du centre de la ville. Ils nous ont retenus là pendant deux heures. Nous avons été bien traîtés, en tous cas mieux que les Egyptiens qui s'y trouvaient, dont certains étaient roués de coups de poing et de matraque.

 

Au bout de ces deux heures, ils nous ont emmenés dans un hôtel où nous avons été assignés. A 7 heures ce matin, j'ai pu regagner mon hôtel. Ca n'a pas été sans mal puisque d'autres miliciens, certains armés de sabre, voulaient nous livrer à nouveau aux militaires. Cette nuit, il était difficile de dire qui étaient vraiment ces miliciens. Mais dans la journée de mercredi, certains portaient des armes à feu et faisaient penser à des policiers en civil.

 

Il est compliqué de savoir ce qui se passe hors du Caire. Je sais que des barrages empêchent les gens de venir au Caire. Je sais aussi que la situation est très tendue à Alexandrie et à Suez.

A lire: Patrick Le Hyaric à l'ambassadeur d'Egypte en France : "J'élève la plus vive protestation contre cette arrestation" 

 


 

 

 


 

 

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